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Le Coin du Discophile Jazz

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Le Coin du Discophile Jazz

Message #1 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 17:43

EN TRAVAUX SOYEZ PATIENTS...EN TRAVAUX SOYEZ PATIENTS... EN TRAVAUX SOYEZ PATIENTS...



Discophilie


n. f. XXe siècle. Dérivé de discophile.

1) Intérêt pour les enregistrements sur disque ;
2) goût qui porte à les collectionner.

Il sera question ici de DISCOPHILIE, c’est à dire la présentation  de la discographie de jazzmen, en particulier des vinyles rares,  et comment distinguer les originaux des rééditions que celles-ci soit anciennes ou récentes.

Le but ? Vous sensibiliser à la valeur d’un pressage (ex : 80 € pour un exemplaire de « Walkin’ » de 1957 (Prestige PRLP 7076) mais 350 $ sur Ebay US pour l’original de 1954 et seulement 12 $ pour la réédition par OJC en 1985) et vous inciter à conserver précieusement vos vieilles galettes (ou à les confier à des organismes compétents tel Alleuze Inc).


Sommaire :

1. Miles Davis
2. John Coltrane
3. Cannonball Adderley
4. Thelonious Monk Lien
5. Sonny Rollins
6. Charles Mingus
7. Charlie Parker
8. Lester Young
9. Art  Blakey Lien
10. Oscar Peterson Lien
11. Stan Getz Lien
12. Billie Holiday Lien
13. Chet Baker Lien
14. Ben Webster Lien
15. Art Pepper Lien
16. Herbie Hancock Lien
17. Zoot Sims Lien
18. Wayne Shorter Lien
19. Coleman Hawkins Lien
20. Sarah Vaughan Lien
21. Joe Henderson Lien
22. Ella Fitzgerald Lien
23. Albert Ayler Lien
24. Freddie Hubbard Lien



Le coin du discophile/ Tome 1/Miles Davis



Pourquoi commencer par Miles Davis ? PARCE QUE !

D’abord, il y a des jeunots qui la ramène sur le sujet, non mais des fois !

Et puis, l’œuvre gravée de Miles est tellement énorme qu’autant commencer par le plus difficile !!!

Pour vous donner une idée, vous trouverez ici la DISCOGRAPHIE OFFICIELLE :

http://www.milesdavis.com

C’est déjà pas mal mais rien à côté de la DISCOGRAPHIE EXHAUSTIVE que vous trouverez là :

http://www.plosin.com/milesAhead/Disco.aspx


Bon. La carrière de Miles Davis peut être grossièrement divisée en sept périodes en termes d’enregistrement :

1.      les enregistrements où Miles apparaît en tant que side man : 1945-1947 ;

2.      les enregistrements regroupés sous la dénomination « Birth of the cool » : 1948-1950 ;

3.      la période « paumé » : 1950-1953 ;

4.      la période « hardbop » 1953-1955 ;

5.      les grands quartets et quintets (1955-1967) ;

6.      la période jazz fusion (1969-1975) ;

7.      le come back (1980-1991)


Il est impossible ici de tout détailler mais je vais essayer de vous donner une idée à partir d’enregistrements généralement considérés comme importants.

Par ailleurs, les jeunots sus nommés se feront un plaisir de vous entretenir des périodes 6 et 7 auxquelles je suis moins sensible…


Faisons tout de suite un sort aux 78 RPM. On en parlera plus tard ! Mais si d’aventure vous trouvez des trucs comme çà… passez moi un coup de fil !



Au début les 33 RPM étaient essentiellement des 10 pouces (25 cm) comme :

PRLP 140 de 1953 avec une cote variant de 65 $ à 250 $ selon l'état :

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ou PRLP 187 de 1954 avec Sonny Rollins

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Attention, il y a des “reissues”, exemple pour PRLP 140 édité en 2005 (26 $ sur Ebay en février dernier)

Je reviendrais sur les 10’’

Passons aux 33 RPM, 30 cm

A tout seigneur, tout honneur :

Birth of the cool.

Introuvable d’époque car dispersé sur de multiples versions mais rassemblé sur ce pressage de

1956 Birth of the cool (Capitol T 762)

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Comptez 250 $ pour un bon exemplaire.

Un autre monument avec Sonny Rollins : Dig de 1951

Ici un pressage Prestige PRLP 7012 de 1957 (de 30 à 120$)

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Attention à la bonne version (toujours une étiquette jaune, les bleues sont des rééditions plus tardives mais d’excellente qualité faites par Prestige)

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Je m’aperçois que j’ai manqué de rigueur dans la présentation et je vais me faire sonner les cloches par les velus….

Je recommence dans l’ordre chronologique :

1949

Trois séances (21 janvier et 22 avril 1949, 9 mars 1950), aujourd'hui regroupées sous le titre "Birth Of The Cool", paraissent à l'époque sous forme de trois 78-tours, avec Godchild, et Move, puis Budo,et Jeru, et enfin Boplicity et Israel : c’est l’acte de naissance du cool jazz.

Je recommande le dialogue entre souffleurs (Davis, Konitz, Mulligan, Winding et Collins) sur Budo et Godchild.

Le vinyl est Capitol T-762 (Pour Spoutnick qui s’interroge pour les dates, c’est difficile à dire ! A priori, le bon a une étiquette bleue…)

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On trouve également des 45 RPM comme celui-ci (Capitol EAP 1-459) :

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Ah, un dernier point, si vous trouvez quelques trucs dans ce genre, ça ne vaut rien ! Je serais d'ailleurs ravi de vous en débarasser!  De toutes façons, vous n'avez pas de platines qui lisent les 78 tours !


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Signalons aussi le concert de 1949 à la Salle Pleyel avec Tadd Dameron... (Columbia JC 34804)

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C'est le premier voyage de Miles à Paris et il va y rencontrer Juliette Greco...



1950

7 janvier, premier enregistrement pour Prestige.

Début d'une longue série : près d'une centaine de morceaux où va se révéler le talent de nombreux musiciens tandis que le trompettiste s'affirme comme un leader d'exception. Pour cette première, Sonny Rollins est là, Miles l'a imposé et obtient même de lui faire enregistrer un morceau en leader : le thème s'appelle I Know, et Miles y joue du... piano  (comme Gillespie lors de la première séance de Miles avec Parker...)

Mars : il enregistre au côté de Lee Konitz : PRLP 116

Pour les LP Prestige (tous en 10’’ soit 25 cm) on trouve :

1951 PRLP 124  The new sounds

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1951 PRLP 140  Blue Period

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1952 PRLP 154 Miles Davis plays Al Cohn Compositions

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1952 PRLP 161 Miles Davis Quartet

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1953 PRLP 182 Miles Davis Sextet

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1953 PRLP 185 Miles Davis Quintet (avec Walkin')

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1953 PRLP 187 Miles Davis featuring Sonny Rollins

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1953 PRLP 196 Miles Davis All Stars vol 1 (avec Milt Jackson pour Bags groove)

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1954 PRLP 200 Miles Davis All Stars vol 2 (avec Monk)

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Pas de cote détaillée pour tous ces disques. Goldmine indique de 62,50 $ à 250$ selon l'état. On en voit souvent au delà de 350 $ sur Ebay US sans justification aucune...

Rassurez-vous, plusieurs sont réédités à prix décent.


Prestige Série 7000


Tous les disques précédents se trouvent mais restent rares donc chers. Il est plus facile de trouver les rééditions qui forment la série 7000 à partir de 1956 :


1956 The Musing of Miles PRLP 7007

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Suivi par PRLP 7012 Dig qui sort avec une couverture grise (rare), la bleue se trouve plus facilement (ne pas la confondre avec les rééditions comme OJC après 1980).

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Viennent ensuite :

1956 PRLP 7013 Conception avec Sonny Rollins Lee Konitz et Stan Getz (très rare)

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1956 PRLP 7014 The new Miles Davis Quintet  (existe en bleu et vert)

Attention, celui là est en fait le premier disque studio commercialisé du quintette magique (Davis, Coltrane, Garland, Chambers et Jones) mais loin d'être le meilleur. J'y reviendrai.

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1956 PRLP 7025 Miles Davis & Horns

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1956 PRLP 7034 Miles Davis & Milt Jackson Quintet/Sextet 1956


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1956 PRLP 7044 Collector’s Item

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1956 PRLP 7054 Blue Haze

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Tous ces originaux sont à trouver de préférence avec une étiquette jaune pour les collectionneurs, comme déjà rappelé, les bleues sont des rééditions faites par Prestige entre 1959 et 1960 : elles sont d’excellentes qualités et nettement moins chères…

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1952


Le 9 mai au WOR Studios, Miles enregistre pour Blue Note (dans la série 5000), tout en continuant d'enregistrer pour Prestige.


BLP 5013 Miles Davis (plus connu comme : Young man with a horn)

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On le trouve également en 45 RPM (EP 204)

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BLP 5022 dit volume 2

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BLP 5040 dit volume 3

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L'étiquette porte l'adresse de Lexington Avenue

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Blue Note réédite ces disques en 2 volumes à partir de 1955 dans la série 1500

BLP 1501 dit volume 1

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BLP 1502 dit volume 2

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Idem, ces deux disques seront réédités (à l'identique) par Blue Note dans la série 80 000 en 1985 : 81501 et 81502



1953

Cinq séances pour Prestige (dont deux, les 3 et 29 avril, donneront la matière d'un grand classique : PRLP 185 avec Walkin' et Blue n' Boogie, chefs-d'oeuvre emblématiques du mouvement hard-bop qu'on retrouve sur l'album PRLP 7076 Miles Davis all stars 1957 plus connu sous le nom de Walkin' :

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Le 24 décembre, lors de sa dernière séance de l'année pour Prestige, c'est l’incident "légendaire" : Thelonious Monk s'arrête de jouer en plein milieu de son solo sur "The Man I Love".

Heureusement "Bags' Groove", enregistré le même jour avec Milt jackson, conclut l'année comme une sorte d'apothéose, et sans problème... Bags groove, autre chef d'oeuvre du hard bop sort sur PRLP 196 (voir plus haut) et est réédité  en 1957 sur PRLP 7109 :

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Bags Groove se trouve en réédition OJC : OJC-245 aux alentours de 25 $

Je possède ces deux disques en originaux de 1957 et Bag's groove est mon disque de chevet. Demandez à JB14 ce qu’il pense de la qualité de ces originaux….


1955

Le 9 juillet, Miles entre en studio pour une compagnie (Debut) créée par Charles Mingus, et avec un groupe et une instrumentation peu ordinaires  : trombone (Britt Woodman), vibraphone (Teddy Charles), basse (Mingus) et batterie (Elvin Jones) ; le trompettiste utilise de manière de plus en plus personnelle la sourdine Harmon (Nature Boy). Le résultat s"appelle "Blue moods" (Deb 120)

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La même année Miles fait répéter un nouvel orchestre : Sonny Rollins au saxophone, Red Garland au piano, Paul Chambers, un jeune contrebassiste, et Philly Joe Jones à la batterie. Mais Rollins, empêtré lui aussi dans des problèmes de drogue, disparaît. Jones amène John Coltrane et ils enregistrent :

PRLP 7014 16 novembre 1955.

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Mis à part les enregistrements réalisés en secret pour Columbia fin octobre 1955 et qui ne sortiront qu'en 1956, ceci est le premier disque studio commercialisé du quintette magique. Le disque, composé de 4 standards et de 2 originaux, est agréable sans valoir pourtant les chefs d'oeuvre qui seront réalisés par la suite. Si la trompette de Miles, munie de sa sourdine, a déjà bien le son délicat et évanescent qui fera sa célébrité (particulièrement sur les deux ballades Just Squeeze Me et There Is No Greater Love), le style de Coltrane reste proche du be-bop, à mi-chemin entre Dexter Gordon et Sonny Stitt.


Round About Midnight (Columbia CL 949) est enregistré en trois séances : 27/10/55 - 5/6/56 - 10/9/56

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Ce sont les premiers enregistrements pour Columbia effectués alors que le groupe était toujours sous contrat avec Prestige. Le silence s’installe en maître comme partie intégrante des compositions et la relecture, en septembre 1956, du classique de Monk ('Round Midnight) confirme l’irrépressible ascension du trompettiste : l'entrée en matière se fait sur une trompette de Miles Davis qui arrive de nulle part. Cette composition de Thelonious Monk est lente, et met en valeur chacun des musiciens du quintette. Avec "Ah Leu Cha", composé par Charlie Parker, c'est à un radical changement qu'on assiste: rythme rapide de la batterie de Jones, trompette vive de Miles Davis. Le trompettiste livre aussi un jazz de toute beauté comme sur les titres "Bye Bye Blackbird" ou "All of you".

Cet album est éblouissant. Si "Kind of Blue" est plus connu, il faut (re)découvrir "Round about Midnight", album caractéristique du "hard-bop"…


1956
 
Miles Davis enregistre en deux sessions pour Prestige, chez Rudy Van Gelder dans le New Jersey, les titres de ces 4 disques en compagnie de John Coltrane (ts), Red Garland (p), Paul Chambers (b) et Philly Joe Jones (drs) :

Miles Davis-Workin' (Prestige PRLP 7166), 11 mai 1956

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Miles Davis-Steamin’ (Prestige PRLP 7200), 11 mai 1956

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Miles Davis-Relaxin' (Prestige PRLP 7129 ), 26 octobre 1956

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Un de mes disques préférés, mon exemplaire d’époque est quasi intact…



Miles Davis-Cookin' (Prestige PRLP 7094), 26 octobre 1956

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Beaucoup d’amateurs considèrent qu’il s’agit là du meilleur quintette de Miles et que 1956 est une année phare. Dans tous les cas, ces albums comptent parmi les premiers révélant sans ambiguïté sa force d’expression, son esthétique attrayante, et sa sonorité profonde. Ils marquent ainsi une rupture définitive avec la période be-bop qui a précédé celle-ci.

Dans son autobiographie, Miles écrit à propos de la première session de mai 56 : “je me souviens bien de cette séance parce qu’elle a été longue et qu’on y a bien joué. Aucune seconde prise. On a enregistré comme si on faisait un set dans un club” et, plus loin, à propos de la session d’octobre, “une séance de très bonne musique, dont je suis fier aujourd’hui encore. Ainsi se terminait mon contrat avec Prestige. J’étais prêt à repartir de plus belle.”

A propos des musiciens, Miles écrit encore “Trane... donnait l’impression de pousser chaque accord à sa limite extrême, jusque dans l’espace. Mais aussi fantastique que Trane sonne, Philly Joe était le feu qui faisait que beaucoup de choses se passaient. Il savait tout ce que j’allais faire, tous ce que j’allais jouer; il m’anticipait..... Paul Chambers était le bébé du groupe, il n’avait que 20 ans, mais jouait comme s’il avait été là de toute éternité. Comme Red. Il m’apportait un toucher léger à la Ahmad Jamal, un petit peu d’Erroll Garner, auquel il ajoutait sa propre marque. Tout était là.”

Inutile de vous dire que ces 4 là sont INDISPENSABLES…

Les originaux varient de 80 à 150 $ en moyenne. Les rééditions OJC commencent à grimper

Curieusement, les originaux français sont également très recherchés aux Etats-Unis, si vous avez ce genre de choses chez vous, prenez-en soin :

Miles Davis-Steamin’ ( Barclay 84 087)


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Miles Davis-Relaxin'  (Barclay 84074)

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1957

En Mai, Miles signe "Miles Ahead", premier volet d'un exceptionnel triptyque, qui sera suivi, un an plus tard, de "Porgy And Bess" puis "Sketches Of Spain".

Miles Davis-Miles Ahead  (Columbia CL 1041)

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Point commun et coeur de ces trois disques : Gil Evans, l'arrangeur, le compositeur, le metteur en scène et en sons. Trois enregistrements qui font voyager le trompettiste hors les murs du domaine du jazz en petite formation, mais aussi, comme en un prolongement de "Birth of the Cool", loin des clichés instrumentaux et structurels du big band traditionnel.

En septembre, sollicité par le producteur français Marcel Romano, Miles accepte, par amitié, de donner quelques concerts à Paris, sans son groupe -- Romano ne peut faire venir qu'un seul musicien... Le trompettiste sera accompagné par Barney Wilen, René Urtreger, Pierre Michelot et Kenny Clarke. Un bref séjour qui sera décisif pour sa carrière. Romano lui parle de son projet : la musique d'un film réalisé par Louis Malle, Ascenseur pour l'échafaud. Le disque, enregistré live en studio devant les images du film, est aujourd'hui entré dans la légende (Fontana 660 213 MR. On notera qu’il est rare qu’un disque français devienne un collector pour les amerloques !)

Attention, il existe beaucoup de rééditions, voici à quoi ressemble l’original :

La pochette

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Le disque

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Dans la série rareté, on signalera également un pressage italien du concert que Miles donne la même année à Amsterdam avec les mêmes musiciens… Mais je ne le recommande pas, il est mal enregistré.

Miles Davis-Miles in Amsterdam (OMS 7003)

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1958


Mars. Miles entre en studio pour l'une de ses très rares apparitions en sideman, au côté de Cannonball Adderley en compagnie de Hank Jones (p), Art Blakey (drs), Sam Jones (b)

Cannonbal Adderley - Somethin’ Else  (Blue Note BLP 1595)

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Autumn Leaves, qui s’étend sur près de 11 minutes, est une des plus belles versions de ce thème classique, ici réarrangé dans un traitement élaboré et précédé d’une longue introduction qui ne permet pas au début de l’identifier. Bien que, dans son autobiographie, Miles, préoccupé par les enregistrements qu’il veut éditer sous son propre nom, n’accorde pas beaucoup d’attention à ce disque qu’il dit avoir fait comme une faveur, la performance est une réussite complète.

On trouve encore « Somethin’ Else » à des prix abordables…


Un mois après, Adderley retourne en studio avec Miles, mais cette fois, pour redevenir le sideman de son sideman d'un jour... Le nouveau groupe de Davis n'est donc plus un quintette mais un sextette : l’éventail des timbres s’ouvre encore un peu avec l’arrivée de Cannonball Adderley au saxophone alto et le sextette s’engage lentement dans cette voie royale qui le rendra éternel. Adderley et Coltrane croisent leurs souffles sur une rythmique de rêve et Miles obtient une sonorité extraordinaire sur le titre éponyme de l’album : ce fameux Miles ou Milestones qui annonce le jazz modal de "Kind of Blue." Après ce disque, Philly Joe Jones abandonne le groupe pour être remplacé par Jimmy Cobb de même que Red Garland qui laisse son tabouret à un pianiste qui saura concrétiser les idées du trompettiste : Bill Evans. "Kind Of Blue" a été gravé avec eux exactement une année après "Milestones."


Miles Davis-Milestones (CBS CL1193)

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Il reste quelques rares témoignages du fabuleux sextette de Miles dont le concert du 28 juillet 1958 capté durant une party organisée par Columbia au Plaza, à New York, pour fêter son succès. L’enregistrement n’a pas au départ été réalisé en vue de la production d’un disque live mais comme un témoignage, un souvenir au cas où l’événement ne se reproduirait plus. Ce fut effectivement le cas. Et le disque est sorti en 1973 chez Columbia sous le nom de :

The Miles Davis Sextet- Jazz At The Plaza Vol. 1 (Columbia PC 32740)

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1959


Si 1959 voit la sortie de Porgy and Bess enregistré en 1958 peu doivent s’attendre, après une exploration des thèmes de Gerschwin (certes non-conformiste mais pas trop casse-gueule non plus) à ce qui va suivre…

Miles Davis – Porgy and Bess (Columbia CL 1274)

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Kind of Blue

2 mars 1959  Le pianiste Wynton Kelly arrive au studio pour sa première séance avec Miles. Surprise : Bill Evans est là (il venait pourtant de quitter le groupe) ; Kelly ne jouera que sur un morceau, Freddie The Freeloader. Evans est présent sur les autres titres, qui forment "Kind Of Blue", un des plus grands disques de l'histoire du jazz...

Faut il présenter Kind of Blue ?

Selon Miles, le concept et les compositions de "Kind Of Blue" sont entièrement son oeuvre. Ainsi All Blues serait inspiré des gospels entendus dans les églises de l’Arkansas. D’autres souvenirs sont plus confus. Il est probable cependant que Bill Evans est aussi pour beaucoup dans le jeu des silences, la clarification des structures, l’apport harmonique, l’approfondissement du jeu modal. Sans doute, comme le reconnaît Miles lui-même dans son autobiographie, le concept s’est-il développé spontanément par l’apport de tous les musiciens qui, par leur créativité et leur imagination, ont emmené la musique plus loin que ce qui avait été balisé au départ.

Deux semaines après la dernière séance de "Kind Of Blue", Coltrane entrait en studio pour enregistrer “Giant Steps” (Ouais, ouais, vous aurez la disco de Coltrane après, c'est promis) mais il ne quittera définitivement le groupe de Miles qu’après une tournée en Europe, en mai 1960. Bill Evans a été remplacé dès 1959 par Wynton Kelly et en septembre de la même année, c’est Cannonball qui quitte l’orchestre pour ne jamais revenir.

Le fabuleux sextette avait vécu. Le nouveau quintette fit un pas en arrière pour retrouver le style d’avant le modal. Miles Davis eut envie d’inventer autre chose et s’en fut attaquer fin 1959 un autre projet en compagnie de Gil Evans.


La version d’origine est CL 1355. Mono bien sûr. TOUT ce que je vous ai présenté jusqu’ici était en mono…

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L’étiquette est rouge et baptisée « six eyes » en raison du logo qui y figure…

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La cote ? Très variable, ce disque devient rare, il n’a guère eu de succès à sa sortie et est très recherché. J’ai trouvé le mien sur Ebay US pour moins de 100 $. Il était en très bon état et est venu remplacer ma version Stereo (CS 8163 sortie en 1963) que j’avais depuis les années 70 et qui, elle, était rincée…



Il est difficile de parler en purs termes chronologiques de la carrière de Miles avec, par exemple les allers et retours stylistiques et les chevauchements entre ce qu’on pourrait appeler la période Kind of Blue (55-61) et la période Gil Evans (57-64).

Pour la période Kind of Blue, les enregistrements sont « Round about Midnight » (1955), et « Kind of Blue » (1959) mais on peut y ajouter « Milestones » (1958 ) et même « Someday my Prince will come » qui date de 1961.



Miles Davis- Someday My Prince Will Come (Columbia CL 1656)

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Miles a “emprunté” l’idée de Someday My Prince Will Come à Bill Evans : en novembre 1960, Miles est à l'affiche du Village Vanguard pour deux semaines. Son groupe et le trio de Bill Evans y jouent en alternance. Au répertoire du pianiste, Someday My Prince Will Come, une valse extraite de Blanche Neige et les sept nains. Illico presto, Miles l'inclut à son répertoire !

Le 20 mars 1961, Miles est en studio avec Hank Mobley et Wynton Kelly qui ont rejoint Chambers et Cobb et vont injecter un zest de funk. Et tandis que Mobley joue son solo sur Someday My Prince..., Coltrane déboule dans le studio. Il jette un coup d'oeil à la partition, puis prend à son tour un solo époustouflant ! Du coup, il apparaît sur deux morceaux…

Toute l’histoire du jazz est faite de moments comme celui là…



Pour la période Gil Evans, on a vu qu’elle commençait avec « Miles ahead » en 57, elle continue avec le célèbre « Sketches of Spain » de 1960… (CL 1480)



Miles Davis – Sketches of Spain (Columbia CL 1480)

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Mais on peut y inclure également  Porgy and Bess de1958 et « Quiet Nights » (qui porte bien son nom !) de 1964 :


Miles Davis – Quiet Nights (Columbia CL 2106)

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Quiet nights est une tentative de plonger dans le groove brésilien alors à la mode après Stan Getz mais n’est pas du niveau des trois autres malgré de bons passages

Bon, on aura compris que les orchestrations de Gil Evans ne me transportent pas plus que ça. Miles en aura tout de même tiré d’excellentes ventes pour Porgy et Sketches et pas mal de réminiscences sonores pour plus tard…


1960-1962

Autour de Miles, le monde du jazz change : le début des années 60 marque l'irruption de ce que l'on appellera la new thing. Encore une fois, le trompettiste se met en question. Que faire, que jouer après "Milestones", "Kind of Blue" et "Sketches of Spain" ? Par qui remplacer Coltrane ? Le Miles hésitant de cette période peut être perçu dans les enregistrements en live tels les deux soirées au Blackhawk de San Francisco en 1961(CL 1669 & CL 1672)…

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Sans oublier le célèbre concert au Carnegie hall en 1962… (CL 1812)

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Et l’album « Seven steps to heaven » qui date de 1963 (CL 2051)

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Bon, à partir de maintenant, je suis comme Xaviero, je « kiffe » moins ! Au tour des djeuns !


Au nouveau jazz "libre", ce free jazz, Miles va donc opposer des conceptions, qui ne cesseront (en fait) de flirter avec cette tendance, au moins jusqu'à la fin des années 60. Et pourtant dieu sait si le Milou a accablé de sarcasmes la new thing…

1963

Miles déniche un jeune prodige : le batteur Tony Williams. Première séance en mai à New York, avec un pianiste qui lui aussi marquera le son du groupe : Herbie Hancock. Miles a trouvé une section rythmique qui va l'emmener dans des contrées inexplorées. Reste à débusquer le saxophoniste. George Coleman, certes, "fait l'affaire", mais... l'ombre de Coltrane plane encore.

On passe sur Quiet Nights (1964) déjà cité,  on signale « Miles in Europe », enregistré au festival d’Antibes (CL 2183) où le groupe joue « Walkin’ » encore et toujours…

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« Miles In Berlin », enregistré en septembre 1964, est le premier auquel participe enfin le saxophoniste tant attendu par Miles : Wayne Shorter.

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1965

20 janvier 1965 Grand retour en studio avec un nouveau groupe donc : Shorter, Hancock, Ron Carter et Williams, quintette qui va imposer "sa version" de la nouvelle chose :

ESP (CL 2350)
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My Funny Valentine en concert (CL 2306) Là, il s’agit de la version Stereo (CS 9106)
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En novembre, le quintette passe deux jours à Chicago au Plugged Nickel, il en reste une trace  qui parait en 1976 sur le label japonais CBS Sony (25AP1) encore avec Walkin’…

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Une autre version de 1982 (CJ 40645) dans la collection CBS Masterpieces…
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Le groupe ne retourne en studio qu'en octobre 1966 avec :

« Miles Smiles » (CL 2601 et CS 9401)


[img] http://img41.imageshack.us/img41/7505/m ... esface.jpg [img/]

A partir de mai 67, le quintette entame un marathon de deux mois pendant lequel est gravée la matière de deux disques exceptionnels :

« Sorcerer » (CL 2732)

[img]http://img686.imageshack.us/img686/2480/cl2732sorcerer.jpg[img/]


« Nefertiti » (CL 2794)

[img]http://img295.imageshack.us/img295/3923/nefertiticolumbiacl2794.jpg[img/]


Mais la cote de Miles est en baisse. Les ventes de ses disques ne sont plus aussi impressionnantes qu'à la fin des années 50. La musique du quintette ne semble pas toucher le public aussi profondément que celle qu'il enregistrait avec John Coltrane...

Décembre 67 Il entre en studio avec son quintette, augmenté pour l'occasion d'un guitariste, Joe Beck. A force d'écouter James Brown, il commence à aimer de plus en plus le son de cet instrument, et jusqu'à la fin il aura presque toujours un guitariste dans son orchestre. Autre nouveauté : Hancock ne joue pas du piano "acoustique" mais électrique. Guitare plus électricité : une combinaison qui va changer sa musique.

Dès janvier 1968, Miles continue ses expérimentations : le 16, Miles appelle un autre guitariste, George Benson. Jusqu'en septembre, Miles fait plusieurs allers et retours en studio. Résultat :

« Miles In The Sky » (CL 2828 )

[img] http://img812.imageshack.us/img812/1343 ... gp9628.jpg [img/]


« Filles de Kilimanjaro » (CS 9750)

[img] http://img219.imageshack.us/img219/7849 ... andjar.jpg [img/]


Hancock, lui, est sur le point de quitter Miles. Chick Corea est engagé (on les retrouve tous les deux dans « Filles de Kilimanjaro »). L'année 68 s'achève en studio, devenu pour Miles un lieu privilégié. Nouvelles techniques d'enregistrement, nouveaux instruments…


1969 Miles bascule dans un autre monde : comme les free jazzmen, il rompt, à sa manière, avec une certaine tradition « jazz » et un ancien public (snif)….

Le 18 février, il entre en studio avec sept musiciens qui tous deviendront, des leaders de premier plan : Wayne Shorter et Joe Zawinul vont connaître un énorme succès à la tête de Weather Report ; Chick Corea et Dave Holland vont souvent jouer ensemble, notamment avec le saxophoniste Anthony Braxton ; le premier fondera ensuite Return To Forever ; le second explorera des régions plus "avant-gardistes" avec, entre autres, Sam Rivers ; Herbie Hancock, qui avait déjà connu le succès avec ses disques Blue Note dans les années 60, touchera encore plus de monde avec ses Headhunters ; Tony Williams tente lui aussi, presque en même temps, une expérience électrique avec son Lifetime, que complètent l'organiste Larry Young et un nouveau venu, John McLaughlin, qui créera peu après le Mahavishnu Orchestra….

« In A Silent Way », est publié six mois plus tard, et Miles retrouve son aura : il fait même la Une d'un magazine de rock, Rolling Stone.

« In a Silent Way »  (CS 9875)
[img] http://img294.imageshack.us/img294/5508 ... entway.jpg [img/]


Juillet 1969 Tony Williams parti, c'est Jack DeJohnette qui tient les baguettes, Corea est au piano électrique, Holland à la contrebasse et Shorter au sax. Cette équipe, augmentée de Bennie Maupin (saxophone, clarinette basse), McLaughlin, Zawinul, Larry Young, Harvey Brooks (basse électrique), Lenny White (batterie), Don Alias et Jim Riley (percussions), retourne en studio pour enregistrer ce qui deviendra

« Bitches Brew »... ( GP 26)
[img] http://img249.imageshack.us/img249/563/bitchesbrew.jpg [img/]


Milesmiles tu peux commenter....



Suite par Milesmiles

Bon, ben, je continue alors, Alleuze

Miles Davis évoquant l'année 1967:
<< J'évoluais déja vers un son de guitare, à force d'écouter James Brown, j'aimais beaucoup son utilisation de la guitare. J'ai toujours aimé le blues, j'adore le jouer. A cette époque, j'écoutais donc Muddy Waters, BB King,, et je cherchais un moyen d'introduire ce type de voicing dans ma musique.
J'avais beaucoup appris de Herbie, tony, Wayne et Ron, et je venais juste de finir d'absorber tout ce que je leur avait pris au cours des presque trois années que nous avions passés ensemble. je pensais maintenant à d'autres manières d'approcher ma musique. Je sentais naître un  désir de changer, mais je ne savais pas encore en quoi consistait ce changement. Je savais que ça avait quelque chose à voir avec la guitare. Je me suis donc interessé à ce que les instruments électriques pouvaient m'apporter. Quand j'écoutais Muddy Waters, quand il passait et que j'étais en ville, je savais que je devais intégrer  à ma musique certaines des choses qu'il faisait. Vous savez, le son des tambours à 1.50 $, l'harmonica et le blues à deux accords. Je voulais en revenir à ça, parce que ce que nous faisions devenait vraiment abstrait. C'était bien, mais je voulais retourner à ce son d'où je venais. >>

Cette période débute en 1968, avec les albums "Filles de Kilimanjaro" et "Miles in the Sky" (indispensabe  :D )  - voir posts plus hauts -

Suivent "in a silent way" (j'insiste :D) et "Bitches Brew" - voir posts plus hauts -
Miles Davis retrouve enfin le succés qui lui échappait. "in a silent way" est salué par la presse et "Bitches Brew" va rencontrer un énorme succés auprés du public.

Ces deux albums marquent de manière irrémédiable la cassure avec un jazz "traditionnel"
Miles Davis écoute alors Sly & Family Stone. Il se  passionne aussi  pour le génie dévastateur de Jimmy Hendrix.

Tiens, celui là, c'est pour la route:



les concerts du trio "Band of Gypsys" de l'éternel Hendrix, 31 dec 1969/01 janv 1970
avec le batteur Buddy Miles et le bassiste Billy Cox

D'ailleurs Miles Davis croisera Jimmy Hendrix à l'occasion du pop festival de l'Isle of Wight, fin  Août 1969

"Isle of Wight", 1973 (cbs 450472)
Ce disque contient une "prise" (29.08.69) du Miles Davis Band à ce festival, mais aussi des sessions de nov.69, juin 72 et juillet 73
Le Miles Davis Band se compose de Gary Bartz (ss, as), Dave Holland (contrebasse et electrique basse !) , Jack de Johnnette (d), Keith jarret et Chick Corea (piano électrique & organ), Airto Moreira (percu)
Image

Le disque du festival, avec toutes les vedettes
Isle of Wight/Atlanta pop festival (CBS 45044/6)
Image

Il existe un très nombre de disques pour cette période , sous le label COLUMBIA.
Difficile d'ailleurs de s'y retrouver; les albums comprennent généralement plusieurs sessions d'enregistrements, s'étalant sur plusieurs années, avec des formations différentes.
Il faut noter que les rééditions récentes et à venir (uniquement en cd bien sûr) de "Complete sessions " pour cette période, par Columbia, remettent un peu d'ordre.

1970 " A tribute to Jack Johnson" (CBS S30455)
Image

BO d'un film dédié au boxeur noir américain du début du siècle, champion du monde en 1910. Sa victoire, célébrée par la communauté noire, degenérera , à l'époque, en affrontements violents.
Herbie Hancock,au piano electrique, Billy Cobham à la batterie, le guitariste prodige anglais John Mc Laughlin (avec Miles depuis In a silent way), Steve Grossman au soprano.

Miles Davis débauche Michael Henderson, bassiste electrique de la "Motown", alors musicien de
Stevie Wonder.
 
très Rock...très Blues...

1970 "Live-Evil" Columbia G30954
Image

Enregistrements live et studio réalisés tout au long de l'année 1970
On retrouve de nombreux musiciens, ceux cités plus haut, mais aussi Wayne Shorter et Ron Carter (qui continuent à collaborer en studio), Joe Zawinul au piano électrique.

Live -Evil,

Miles Davis se produit en juin 1970
Live at Filmore, COLUMBIA G30038


Incroyable les pochettes de disques de ces années là, et le père Miles, il sappe grave, je vous dis pas les fringues...et les grosses bagnoles...
Genre look afro-psychédélique...Il s'est même fait tirer dessus en 1972 alors qu'il roulait dans sa grosse voiture, on croit réver :-*
Miles Davis serait -il devenu une Pop Star ?!
Sacré Miles ! Opportuniste? va savoir...

1972 Big Fun,  COLUMBIA 32866
[img] [/img)
Sur ce disque, les sessions s'étendent de 1969 à1972
Un retour à l'essence de la musique noire, en greffant à la "new thing", diverses influences, Rythm'blues, rock, blues, soul, funk..., hors du champ traditionnel du jazz.
Pour cela, deux axes:
L'electrification massive des instruments ( Miles Davis amplifie également sa trompette et utilise la pédale Wah-Wah) pour aller vers de nouvelles sonorités.
Une section rythmique omniprésente. Tous les membres de l'orchestre participent.
Les postes sont parfois doublés, voire triplés, batterie, guitare, claviers. Apparition de la basse électrique, reprise à l'unisson de riffs répétitifs et dévastateurs, sur lesquels les solistes apportent une coloration sonore.
Miles Davis ne prend quasiment plus de solos, mais "ponctue" la musique par de petites touches, donnant la direction à l'orchestre, indiquant les changements.
Lors des sessions de  studio, tout est enregistré, la bande ne s'arrête jamais.
Le producteur Teo Macero a ensuite libre choix pour travailler les "kilomètres" de bande.
Il parait que les pourtant nombreux disques de l' époque fusion ne représentent qu'une petite partie du total gravé.

Pour les motivés:
Laurent Cugny "électrique Miles Davis1968-1975",  André Dimanche Editeur,
Coll. Birdland, 1993





Période électrique- Jazz fusion 1969-1975

1972 "On The Corner" COLUMBIA KC 31096
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Image

Groove "abstrait" et  inclassable. Tripotant les racines du Funk, l' orchestre de Miles Davis entre en Transe (tiens, moi aussi  :D )
Lors de sa sortie, la pochette du LP a la particularité de ne contenir aucune information(musiciens, etc...)
En tout cas, le personnel est large, une distribution d'enfer avec même quelques musiciens indiens (tabla, sitar "électrique")
Ce disque, pourtant l'un des plus réussis et emblématiques de cette période, ne rencontrera pas le succés escompté.


On retrouve Miles Davis en concert, le 29 octobre 1972
Avec, entre autres, Michael Henderson ( basse electrique) et Al Foster (batterie), deux piliers du groupe.
Le batteur Al Foster sera fidèle au leader de longues années encore.

"Miles Davis in concert",  COLUMBIA KC 32092
Image


En 1975, Miles Davis enregistre ses deux derniers "gros"  disques de cette période.
Même formation pour ces deux disques, qui va accompagner Miles Davis sur une tournée mondiale.

Sonny Fortune (flute, soprano & alto sax), Pete Cosey (guitare, percu), Michael Henderson (e-basse), Al Foster (batterie), James "Mtume" Forman (conga, percu).
Le groupe est renforcé par Reggie Lucas (guitare) sur Pangaea.

"Agharta"   CBS SOPJ 92
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"Pangaea"   CBS SOPZ 96
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Dans cette année 1975, Miles Davis est hospitalisé pour un problème réccurent à la hanche.
Suit une période "trouble"
On ne le reverra qu'en 1980.


Période électrique - Come back - 1980 - 1991

On me demande souvent "pourquoi ne jouez vous pas So What ou Kind of Blue ? "
Tout cela existe déjà ! ça a été fait au bon moment, le jour qui convenait, et c'est arrivé...Allez acheter le disque, il est encore là. Ce que vous aimez se trouve sur le disque... >>
Miles Davis, 1986


Miles Davis réapparait en 1981, après cinq années d'absence, période très trouble pour le trompettiste. Il reprend alors le chemin du studio pour enregistrer l'album "the Man with a Horn"
On retrouve sur ce disque, entre autres, le batteur Al Foster (qui l'accompagnait depuis la période fusion, et va l'accompagner encore une bonne partie des années 1980), le bassiste Marcus Miller, le guitariste Barry Finnerty et le jeune et talentueux saxophoniste soprano Bill Evans.
Le batteur Wince Wilburn, neveu de Miles Davis, est présent sur certains morceaux.
Téo Macéro continue de produire les disques du trompettiste.
Le titre "the man with the horn",  est enregistré dés mai 1980, avec la présence d'une vedette du R'nB, Randy Hall, qui chante sur ce morceau. Plutôt rare chez Miles Davis, un morceau chanté.  
Plus que la sortie de ce disque, c'est le retour de Miles Davis, salué unanimement, qui fait l'actualité du Jazz en 1981.

"the Man with a Horn"    COLUMBIA FC 367790
Image

Mais la musique que  Miles Davis propose sur ce disque se déguste "live".
Dés 1981, le trompettiste entreprend une tournée mondiale, à la tête d'un sextet bouillonnant et passionnant.
AL Foster (d), Marcus Millert (b), Bill Evans (ss), le percussioniste français Mino Cinelu et le guitariste aux sons et aux riffs très rock, Mike Stern.
Miles Davis remplit les salles, fait la une des festivals, retrouve le "jeu", retrouve le "son".

"We Want Miles", un album incontournable dans sa discographie
écoutez donc la reprise de "my man's gone" de "Porgy & Bess

"We Want Miles"    COLUMBIA C2 38005


1983 "Star People" "   COLUMBIA FC 38657
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Le personnel reste le même que sur "We Want Miles"
Cependant, le guitariste  John Scofield intégre le groupe juste pour un solo sur le morceau
"Star on Cicely", sur lequel Tom Barney remplace Marcus Miller à la basse électrique.

Miles Davis a épousé, en 1981, l'actrice américaine Cicely Tyson, qui l'a "sorti du trou" à la fin des années 70.  
Un disque sympa...très sympa même...

Bon, je termine la disco de Miles Davis , Alleuze.  Non exhaustive, quoique ... les années 80 sont moins riches bien sûr
Dans l'année 1983, Marcus Miller s'en va, exit Mike Stern, restent Al Foster, mino Cinelu  et Bill Evans.
Miles Davis déniche un jeune bassiste exceptionnel, Darryl Jones ( 20 ans, le dernier  "grand" bassiste de Miles), John Scofield est engagé ainsi que le sax soprano Brandford Marsalis.
Sort l'album "Decoy", radicalement différent, futuriste...encore maintenant.

1983 "Decoy", COLUMBIA FC 38991
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Dernier disque pour la maison Columbia, "you're under arrest" sort en 1985.
1985 "You're under arrest"  COLUMBIA FC 40023
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Reprise de "Human Nature" de Mickael Jackson et de "Time After Time" de Cindy Lauper, la question de l'opportunisme revient sur le tapis. Miles Davis nous refait le coup de la Pop-Rock Star.
A chacun de voir...

En 1986, sort "Tutu" chez Warner.
Marcus Miller revient aux commandes et livre l'album presque clés en mains à Miles davis.
Tout le monde connait...
Image

Pour les tournées suivantes, Miles Davis engage le saxophoniste alto Kenny Garrett, dernier "sax de coeur" . Ceux qui ont eu l'occasion de voir le Miles Davis Band de cette époque, avec Darryl Jones, Kenny Garrett, et le batteur Ricky Wellman, c'était quand même du "lourd", non?!

Miles Davis joue le premier rôle dans le film franco-australien, "Dingo", réalisé par Rolf De Heer, en 1991, retraçant l'histoire d'un ... célébre trompettiste.
L'actrice française Bernadette Laffont fait une apparition.
L'arrangeur Michel Legrand et Miles Davis composent la BO du film, sympa d'ailleurs.

BO Dingo, WARNER B000091XV6
Image

Miles Davis participe activement à la BO du film "the hot spot", de Dennis Hopper, avec les bluesmen John Lee Hooker et Tad Jamal
"the hot spot", Antilles B00009256M
Image

"The Hot Spot, film noir like you've never seen - sex is never safe - it's dangerous"
with Don Johnson
Euh, du blues à tomber, si, si  :D

Fin 1987 ( je suis pas sûr...), les Paisley Park Studio sont en ébullition.
Le Prince de Mineapolis rencontre Miles Davis. Celui-ci, fasciné par la musique de Prince comme il l'était par celle de Hendrix en 70, enregistre avec son hôte d'un jour "Prince all friends & Miles Davis".
Quelques solos sur une musique débridée, sale à souhait.
Pas facile à trouver...Mais pour les fans de Prince (pardon, Love Symbol ...), ça vaut le coup de chercher. Moi, j'ai ça sur une cassette déglinguée, son pourri.




Merci Milesmiles, merci...
La légende veut que nombre d'enregistrements en commun de Miles et de Love Machin croupissent encore au fond des coffres des majors mais il est permis d'en douter connaissant la propension naturelle de ces grands philanthropes à tirer dollar de tout...












Discophilie /Tome 2 /John Coltrane

Je rappelle qu’il est bien ici question de discophilie et non de partager des avis (au demeurant bienvenus) sur la qualité de tel ou tel enregistrement.

Par ailleurs, il s’agit ici principalement des enregistrements de Trane en leader.

Certains de ceux en sideman sont toutefois rappelés ci-dessous (on en a déjà vu d’importants dans la disco de Miles) :

Rare à trouver est le 78 RPM Savoy de 1951 avec Dizzy Gillespie « Dee Dee Days » seul témoin des débuts (ou presque. On lit ici et là qu'il existerait des enregistrements qui remonteraient jusqu'en 1946 mais je ne les connait pas...

Coltrane s’est joint au grand ensemble de Dizzy Gillespie, dans lequel il joue de l'alto tout en continuant de s'exercer au ténor, en 1949. Au mois de mai 1950, Gillespie dissout son grand ensemble et forme un groupe réduit, avec Coltrane à l'alto et au ténor. En 1951, Coltrane rencontre Charlie Parker pour une deuxième et dernière fois. Il ne subsistera de cette rencontre qu'une photo. Au mois de mai, il quitte définitivement le groupe de Gillespie.

Idem pour un enregistrement avec Johnny Hodges, de l’orchestre de Duke Ellington, sur un pressage Verve de 1954 intitulé, justement, « Used to be Duke »

En 1953, Coltrane s’est joint à l'ensemble de sa première idole, l'altiste Johnny Hodges mais, le 2 juillet 1955 , John quitte le groupe, probablement à cause de ses problèmes de drogue et d'alcool.

Il est appelé par Miles Davis peu de temps après et réalisera les 4 enregistrements Prestige avec Miles (Workin’, Cookin’, Steamin’, Relaxin’) et les Columbia du même (Round about midnight, Kind of Blue etc.) déjà cités…

A retenir également :

« Tenor Madness » (Prestige PRLP 7047) Un des chefs d’œuvre de Sonny Rollins de 1956

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Ce disque existe en réedition OJC plus facile à trouver que l'original (et nettement plus abordable)

« Mating Call »  (PRLP 7070) de Tadd Dameron  de 1956

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Trois enregistrements avec des musiciens de Prestige, sous le titre « Prestige All Stars » :

Tenor Conclave 1956  PRLP 7074 et réédition PRLP 7249

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Interplay 1957 PRLP 7112

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The cats 1957 New Jazz 8217

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Quatre enregistrements avec Red Garland, tous de 57 (Red devenant sideman dans Traneing in la même année !) :

All Morning long   PRLP 7130

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Soul Junction  PRLP 7181

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High pressure PRLP 7209

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Dig it PRLP 7229

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Citons également :

Bags & Trane avec Milt Jackson 1959 (Atlantic 1368 )

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Cannonball & Coltrane (Limelight LS86009)

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Cattin’ with Coltrane & Quinichette  1959 (Prestige PRLP 7158)

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Je vous passe le reste et vous renvoie à la discographie officielle (toutes les références sont pour des CD) de la John Coltrane Foundation sur le site :

http://www.johncoltrane.com/automat/swf/main.htm

Allez y, ce site est extrêmement bien fait et, en prime, vous aurez la musique de Trane en fond : Love Supreme, Giant Steps, My favorite things, etc.
Dernière édition par Alleuze le 07 Nov 2014 à 19:35, édité 8 fois.
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #2 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 17:52

Coltrane (suite)


1957

En 1957, à cause de ses problèmes d'alcool et de drogue, Miles remplace John Coltrane par Sonny Rollins. Coltrane retourne donc habiter chez sa mère, avec sa famille, à Philadelphie. Le printemps venu, il connaît ce qu'il appellera plus tard, dans les notes de « A Love Supreme », un éveil spirituel. Il y trouve la force pour se guérir de sa dépendance aux drogues et à l'alcool.

En pleine forme et parfaitement remis, il signe un contrat avec Prestige Records et commence à enregistrer les premiers disques sous son nom. :

« Coltrane » PRLP 7105 où il arbore un visage serein :

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Assez recherché, ce disque peut dépasser les 300 $. Mon exemplaire est une réédition de 1959 (étiquette bleue) et je ne l’ai pas payé très cher, dans les 20 ou 30 dollars, disons…

« Traneing in » enregistré avec Red Garland, cette fois ci en sideman  PRLP 7123 :

Image

« Wheelin’ and dealin’ » au titre évocateur avec Paul Quinichette PRLP 7131 :

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En juillet, Coltrane travaille avec Thelonious Monk au Five Spot Cafe de New York. C'est suite à cette collaboration avec le génie musical qu'était Monk que Coltrane se mit à développer son style de jeu dense caractéristique, faisant déferler à toute allure sur ses auditeurs des torrents de notes entrelacées et convoluées ; un style que le critique de jazz Ira Gitler appellera nappes de sons (sheets of sounds)…

Deux disques conservent cette évolution :

"Thelonious Monk & John Coltrane" Jazzland JLP-46

Image


"Monk's Music" Riverside

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Les six mois avec Monk lui ont fait faire un formidable bond en avant. John Coltrane est mûr pour une carrière plus personnelle et enchaîne les enregistrements:

« Soultrane » PRLP 7142
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« Lush Life » PRLP 7188
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« Dakar »  PRLP 7280
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« The believer » PRLP 7292
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« The Last Trane » PRLP 7378
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Tous ces enregistrements témoignent de cette époque de résurrection.

Mais c'est un fantastique disque de blues enregistré pour Blue Note, "Blue Train", (où il transcende véritablement le genre) qui va soudain le faire connaître à un public plus large et le pousser tranquillement vers la gloire.

« Blue train » (Blue Note BLP 1577)
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Ce disque est un disque culte et peut atteindre des prix étonnants… Mon exemplaire est un original de 1957 ayant appartenu au critique de jazz et écrivain Alain Gerber…
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #3 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:24

Coltrane (Suite)

1958-1961

Le 25 décembre 1957, Coltrane rejoint le groupe de Miles Davis, puis, l'année suivante, signe un contrat d'enregistrement avec Atlantic Records.

Entretemps, étalés sur 1957 et 1958, Prestige sort les enregistrements suivants :

« Settin’ the pace »  PRLP 7213

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« Standard Coltrane »  PRLP 7243

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« Stardust » PRLP 7268

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« Black pearls »  PRLP 7316

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« Bahia »  PRLP 7353

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Après avoir enregistré Kind of Blue, avec le Miles Davis Sextet en 1959, Coltrane sort une œuvre de sa propre composition et jouée sous sa propre autorité, Giant Steps :

« Giant steps » Atlantic  SD 1311

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Giant steps est également un disque culte et INDISPENSABLE dans toute discothèque coltranienne. En outre, il est facile à trouver pour plus ou moins 50 $ en mono et une quinzaine en stéréo


En 1960, Coltrane joue pour la dernière fois avec Miles Davis qu’il quitte immédiatement après la tournée à Paris où il a été copieusement sifflé par un public français (Olympia 20 mars 1960) dérouté par la distance entre les disques et le concert où Trane, plus libre, fait pleuvoir un déluge de notes plutôt que de construire des phrases mélodiques. Pour les amateurs de documents, Sony a édité ce concert en CD et l’on y entend nettement les vociférations sur le solo dans Walkin’ !

Coltrane forme alors son propre quartette, avec McCoy Tyner au piano, Steve Davis à la contrebasse et Elvin Jones à la batterie. À l'automne, Reggie Workman vient remplacer Steve Davis à la contrebasse.

Il enregistre pour la firme Atlantic plusieurs disques, tous considérés comme la quintessence de l'art coltranien et notamment deux chefs d'œuvre My Favorite Things, qui à sa sortie fit scandale, et Olé :

« My Favourite Things »  Atlantic SD 1362

Image

" Olé »  Atlantic SD 1373

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De la même époque date :

« Coltrane plays the blues »   Atlantic SD 1382

Image
avec deux longs morceaux enregistrés en public en 1962


« Coltrane Sound »  Atlantic SD 1419 (sorti en 1964)

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« Avant-garde » Atlantic SD 1451 enregistré avec Don Cherry (sorti en 1966)

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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #4 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:31

Coltrane (Suite)


Lorsqu'il enregistre "Olé" pour Atlantic, en 1961, John Coltrane vient de signer un nouveau contrat avec le label Impulse! et de graver pour sa nouvelle maison de disques les "Africa/Brass Sessions", un de ses plus beaux disques :

« Africa Brass Sessions » Impulse ! A-6 (1961)

Image

Puis un disque simplement baptisé Coltrane :

« Coltrane » Impulse ! A-22 (1962)

Image

A cette époque, la musique africaine, au centre de ses préoccupations depuis déjà de nombreuses années - avec la musique indienne de Ravi Shankar (à peu près à la même époque, il enregistre le morceau "India", que l'on trouve sur l'album "Impressions") - jaillit de manière évidente et prend une importance capitale dans son oeuvre.

« Impressions » Impulse ! A-42 (1963)

Image

À l'été 1963, il quitte sa première femme  Naïma et emménage avec Alice McLeod. Comme s'il allait trop loin, comme si ces périodes d'intense création devaient s'accompagner de replis stratégiques, d'instants de doute, ou tout simplement de "pauses", John Coltrane (qui traverse par ailleurs un moment pénible avec, Naima) va alors "calmer le jeu", enregistrer un superbe disque de ballades et travailler à des choses plus classiques avec Duke Ellington ou le chanteur Johnny Hartman réservant ses audaces pour ses apparitions sur scène :

« Ballads » Impulse ! A-32 (1962)

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« Ellington & Coltrane » Impulse ! A-30 (1962)

Image

« Coltrane & Hartman » Impulse ! A-40 (1963)

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Dans la mesure du possible, essayez de vous procurer les originaux Impulse ! D’abord, ils sont encore abordables en prix et surtout, ils sont parmi les plus beaux disques qui soient au plan esthétique…
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #5 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:32

Coltrane (Suite)


C'est beaucoup plus sur scène qu'en studio que John Coltrane, en ce début des sixties, va laisser éclater sa conception visionnaire de la musique.

A la tête d'un véritable commando de choc (McCoy Tyner au piano, Jimmy Garrison à la basse et le furieux Elvin Jones a la batterie), Trane met le feu à toutes les salles dans lesquelles il débarque. "Ce groupe, c'était comme quatre pistons dans un moteur", constatera plus tard McCoy Tyner.

"The Paris Concert",
"Bye Bye Blackbird"
"Afro Blue Impressions" donnent déjà une bonne idée des concerts de Trane

Mais c'est bien sûr les légendaires concerts au Village Vanguard de New York, (5 novembre 1961, 18 septembre 1962 et 29 avril 1963) qui donnent le mieux la réelle dimension de ce géant alors au sommet de son art.

John Coltrane, appuyé pour l'occasion par Eric Dolphy, monte et démonte inlassablement une musique tumultueuse, puissante et fluide, au fil de longues improvisations en dérapages contrôlés, dans un climat de totale spontanéité  et signe du coup quelques « live » d'anthologie :

« Live at the Village vanguard » Impulse !

Image

« Impressions » Impulse ! A-42

Image

"Ce qui compte avant tout, déclare Eric Dolphy à l'époque, c'est d'improviser et de jouer

« Live at Birdland » Impulse !  est de la même époque

Image


Chut, mais la seule possibilité d'avoir l'intégralité des concerts au Village Vanguard est un pack

de (pouark) 4 CD  :D    Dem... vous pour trouver la référence ! Y'a des limites, tout de même !!!

Image

1964

En avril 1964, Coltrane renouvelle son contrat avec Impulse! Records. Dès la fin du mois, il est au studio de Rudy Van Gelder et met Crescent dans la boite :

« Crescent » Impulse ! A-66

Image

Crescent est étouffé par le succès de « A Love Supreme », enregistré à la fin de la même année mais contient des très beaux morceaux tel Wise One


Le 29 juin, Eric Dolphy meurt, à Berlin, en Allemagne, des suites de complications diabétiques. La mère d'Eric fait cadeau de la clarinette basse de son fils à John Coltrane.

Le 9 décembre 1964, le John Coltrane Quartet enregistre « A Love Supreme »

La quête obstinée de Coltrane pour une musique universelle prend une nouvelle dimension avec la sortie de "A Love Supreme", un des disques parmi les plus connus (et les plus accessibles aussi) du saxophoniste et, également, un des principaux canons de tout le jazz, une pièce que connaissent la plupart des musiciens professionnels, plusieurs d'entre eux pour en avoir déjà joué au moins des parties, sinon toute la suite de 32 minutes.

« A Love Supreme » Impulse ! A-77

Image

A Love Supreme est une suite lyrique en quatre parties, construite sur un simple motif quatre notes à la basse, dénotant les mots a love supreme, fondation sur laquelle Coltrane développe des volutes de notes qui tourbillonnent en des envolées rudes et rauques de la même densité que Giant Steps, mais sans rien de son formalisme.

L'année suivante, "Ascension" donnera une version, nettement plus fiévreuse, de cette même quête.

« Ascension » Impulse ! A-92

Image
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #6 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:34

Coltrane (Suite)

1965

Après l'ordre vient le temps du chaos. Et une fois de plus par l’intermédiaire d'une frénétique exploration sonore. Entouré de jeunes "punks du sax", (Archie Shepp, Marion Brown, John Tchicai puis Pharoah Sanders, qui deviendra un temps son plus sûr lieutenant, à la place d' Eric Dolphy ), John Coltrane va se lancer à nouveau dans un vertigineux tourbillon…

Peu importe maintenant que ses musiciens comprennent ou non ce qu'il fait, du moment qu'ils réagissent et l'aident à créer les sons dont il est hanté. Jusqu'à la fin de cette année 1965, John Coltrane va alors accumuler les enregistrements et avec obstination bâtir, surcharger, puis élaguer pour reconstruire, dérégler son jeu enfin, lutter contre lui même et évacuer toute notion de pure virtuosité pour se rapprocher d'une musique qui ne serait plus qu'émotion.

« Kulu Sé Mama » Impulse ! A-9106

Image

« Selflessness » Impulse ! A-9161

Image

Kulu Sé Mama  et Selflessness (avec Pharoah Sanders)sont représentatifs de l’évolution de 1965 et comprennent des morceaux du quartet et d’autres annonciateurs de la prochaine tendance où apparaissent plusieurs autres musiciens et  expérimentations sonores qui ponctuent au jour le jour la tournée de septembre octobre sur la côte est

« Meditations » Impulse ! A-9110

Image

« Sun Ship » Impulse ! A-9211

Image

Enregistré le 26 août 1965, aux studios RCA, Sun Ship est une petite merveille de spontanéité où perce l’influence de John Gilmore qui jouait dans l’orchestre de Sun Ra.


Ces sessions en studio s’accompagnent, bien sûr, de plusieurs enregistrements de concerts et de tournées (dont Paris en juillet) :


« New thing at Newport » Impulse ! A-94 Enregistré le 2 juillet avec Archie Shepp

Image

«  Live in Paris » Infinity AFDD 24

Image

« Live in Seattle » Impulse ! AS-9202

Image

Enregistré au Penthouse le 30 septembre avec Pharoah Sanders, « Live in Seattle » surprend l’audience de la boite par la longueur des sets - et même l’ingénieur du son qui n’a plus de bandes pour enregistrer le final. Le lendemain, Coltrane met « Om » en boite…

« Om » Impulse ! AS-9140

Image

L’année 1965 est épuisante mais  l'heure est plus que jamais à l'urgence : des problèmes de poids rappellent à Coltrane que la maladie est maintenant en lui  (cancer du foie du à ses excès passés ) et que seule la musique est immortelle...

En décembre 1965, McCoy Tyner quitte le groupe, insatisfait de la nouvelle orientation de la musique de Coltrane. Il sera suivi par Elvin Jones en 1966, après l'arrivée du batteur Rashied Ali, dont il ne peut supporter la compétition.
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #7 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:37

Coltrane (Suite et Fin)

1966-1967


Au mois, d'août 1966, Coltrane épouse Alice McLeod, divorçant en même temps de Naïma, à qui il reprochait de ne pas lui avoir donné d'enfants. Alice remplace désormais McCoy Tyner au piano, et Pharoah Sanders vient s'adjoindre de façon permanente au groupe.

Si Coltrane. en 1966. se sait miné par la maladie, il continue cependant sans relâche son travail de titan. L'année précédente l'a sacré "meilleur jazzman 1965" et beaucoup le considèrent déjà comme un musicien culte, comme le plus grand saxophoniste du monde. Il faut imaginer la foule qui souhaite assister à ses rares sets à New York :

« Live at Village Vanguard Again ! » Impulse ! AS-9124

Image

Dernier live qui ne comporte que deux titres… Ce disque devient culte lui aussi et les prix montent, 200 $ récemment pour un exemplaire, il est vrai, quasi neuf


C'est avec la bouleversante urgence de ceux qui savent que leur temps est compté qu'il grave ses derniers disques, ultime évolution d'une oeuvre colossale en perpétuel devenir.

« Interstellar Space »

Image

Duo entre Coltrane et Rashied Ali. Sur une immense vibration (attisée notamment par  Rashied Ali, omniprésent), le sax de Coltrane, incandescent, s'envole vers des contrées inconnues, hantées d'une charge émotionnelle inédite, où alternent exaspération et sérénité.

Complètement différent de tout ce qu’a pu faire Coltrane jusqu’ici, ce disque est à la fois austère et dynamique mais (honnètement) peine à retenir l’attention jusqu’au bout.

« Stellar Regions » Impulse ! AS

Image

Huit compositions enregistrées en une séance le 15 février 1967 au studio de Rudy Van Gelder.

« Expression » Impulse ! AS-9120

Image

Egalement enregistré lors de la journée du 15 février 1967. Dans la mesure ou le changement est une constante dans l’œuvre de Trane, il est difficile de considérer ce disque autrement que comme le dernier ayant reçu le visa du maître et, en aucune façon, l'évolution ultime…


Ces trois disques reflètent cette nouvelle étape vers une totale liberté. Vers une musique totale, sensuelle et spirituelle a la fois, bien au-delà des genres… En même temps, ces trois disques sont souvent rejettés par les coltraniens classiques qui accuseront Alice Coltrane d'avoir poussé à la dissolution du quartet. En fait, c'était inévitable puisque ni Tyner, ni Jones n'entrèrent réellement dans la musique de Trane après l'automne 65...

Lorsque John Coltrane succombe le lundi 17 juillet 1967, à la veille de son quarante et unième anniversaire, le mythe est déjà en marche.
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #8 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:41

Discophilie/Tome3/Julian « Cannonball » Adderley



Image



Bon dieu, que voilà un bonhomme sympathique !

Un des plus grands sax alto.
Avec un son exubérant, chaleureux, heureux, qui communique instantanément avec celui qui
l’écoute et une présentation intelligente de sa musique (au rebours de certains comme Miles, Cannonball explique souvent au public ce que lui et ses musiciens vont jouer) qui vont faire de lui un des plus populaires jazzman de tous les temps..

Il est né en 1928 à Tampa en Floride, ce qui en fait le cadet de Miles et de Trane tous deux nés en 1926.

En 1944-48, il étudie au lycée de Tallahassee en Floride  où il apprend la flûte, la trompette, la clarinette et l'alto, puis il dirige un orchestre scolaire à Fort Lauderdale (1948-50). C'est là que son appétit lui vaut le surnom de « Cannibal » déformé plus tard en « Cannonball ».
À l'armée, il rencontre Junior Mance et Curtis Fuller et dirige le « 36th Army Band », puis un combo à Washington, et enfin l'orchestre militaire de Fort Knox en 1952-53.

Confortablement installé en Floride où il enseigne la musique et dirige plusieurs formations locales, Cannonball Adderley n'émerge qu'en 1955. À l'occasion d'un voyage à New York, sa prestation ponctuelle au sein du groupe d'Oscar Pettiford au Café Bohémia le fait remarquer du label Savoy qui le signe et lui suggère de venir vivre à New York.

On commence alors à l'entendre dans les jam sessions et dans des enregistrements de Kenny Clarke et de son frère Nat Adderley, puis, rapidement, sous son propre nom. Il est alors considéré comme « le nouveau Charlie Parker ».


1955

Presenting Cannonball Adderley  (Savoy MG 12018 )

Image


Julian "Cannonball" Adderley  (EmArcy MG 36043)


Image


Julian Cannonball Adderley and Strings (EmArcy MG 36063)

Image



Cannonball est globalement moins coté que Miles ou Trane mais ses premiers disques valent chers parce qu'ils sont très appréciés... Comptez un minimum de 100 $ pour des exemplaires en bon état...

Cherchez également :

Kenny Clarke - Bohemia After Dark  (Savoy MG 12017) premier enregistrement de Cannonball

Introducing Nat Adderley (Wing MGW 60000)

Cannonball Adderley - Discoveries (Savoy SJL 1195)

Image



Tous les enregistrements pour Savoy sont ressortis en 1976 sous le titre Spontaneous Combustion :

« Spontaneous Combustion » Savoy SJL 2206


Image
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #9 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:46

Adderley (Suite)


1956-1959


Cannonball va former un premier quintet avec son frère cadet, le cornettiste Nat Adderley.
En dépit de quelques enregistrements le groupe n’a guère de succès, trouve difficilement des engagements et connaît quelques problèmes financiers.


« Cannonball in the land of Hi Fi » Em Arcy MG 36077 (1956)

Image



"Sophisticated swing" Em Arcy MG 36110 (1957)

Image



En Route” Mercury MG 20616 (1957)

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Cannonball dissout alors le groupe pour rejoindre celui de Miles Davis dans ce qui devient un sextet avec John Coltrane et participe à l’enregistrement de deux classiques que nous avons déjà vus :

« Milestones »

« Kind of Blue »


Il a, entretemps, invité Miles Davis sur son album Somethin' Else sorti en 1958, certainement un de ses disques les plus connus.


Cannonball Adderley - Somethin’ else  (Blue Note BLP 1595)  (enregistré le 3 mars 1958 par Rudy van Gelder)

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Attention, chef d’œuvre !

En dépit des divergences stylistiques qui sont sensées régner entre le hard bop de Cannonball (et de Art Blakey) et le cool de Miles, la sauce prend (après tout l’un a joué avec Charlie Parker et l’autre s’en réclame) accompagné par le phrasé de Hank Jones et la rythmique de Blakey et Sam Jones...

Tout le disque est une merveille avec cinq morceaux aux climats différenciés : classiques retraités (autumn leaves & love for sale), funky blues (one for daddy-O), standard de Miles (somethin’else), clin d’œil à Sarah  Vaughan (dancin’ in the dark)…

Ce disque est, bien entendu, un must et devient rare. J’ai toutefois réussi à trouver sur Ebay Fr un original quasi neuf qui a heureusement remplacé un autre original mono de 1958 qui appartenait à mon père et qui était passablement fatigué


Courant 1958 et 1959, Cannonnball enregistre quelques titres pour Riverside :

dont "Portrait of Cannonball" (Riverside RLP 12-269) avec Bill Evans

Image



et "Things are getting better" (Riverside RLP 12-286)

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Enregistré le 28 octobre 1958 avec Milt Jackson, Art Blakey, Percy Heath et Wynton Kelly, "Things are getting better" est une splendeur. D’une part, la qualité des morceaux et des solos est époustouflante et, ce qui ne gâche rien, la qualité d’enregistrement est exceptionnelle… Ecoutez l’ouverture de « Blues oriental » et dites m’en des nouvelles…

Je possède également celui-ci en original et Dieu sait s’il est rare…




En septembre 1959, Cannonball quitte Davis pour reformer un nouveau quintet avec son frère Nat. Enregistré en public un mois plus tard au « San Francisco's Jazz Workshop » le live est un succès immédiat avec la version de « This Here » une valse du pianiste Bobby Timmons : ce qu’on appellera plus tard le « soul jazz » est lancé…

"in San Francisco" (Riverside RLP 12-311)

Image



Autre disque tout à fait recommandable. Une version OJC est sortie en 1985


"in San Francisco"  OJC-035

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Message #10 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:48

Adderlery (Suite)

1960-1962

A partir de fin 1959 et jusqu’à la fin Cannonball sera en mesure de maintenir son groupe en activité que ce soit en quintet ou en sextet avec un jeune pianiste autrichien : Joe Zawinul. (Ils resterons ensemble jusqu’en 1970).

Cannonball c’est le swing , le groove, le blues, la modernité, la filiation avec Parker et rien de mieux que les albums « live » pour le vérifier :
.
« in Chicago » Mercury 60134 un superbe live à Chicago avec… John Coltrane en 1959...

Image

« live at the Lighthouse » Riverside RLP 344 en 1960...

Image


Cannonball accompagne son frère Nat sur un disque de ce dernier intitulé “That’s right” et enregistré à New York le 9 août et le 15 septembre 1960 :

« That’s right » riverside RLP 330

Image


En 1961, Cannonball retrouve Bill Evans pour l’album “Know What I Mean” :

« Know what I mean » Riverside RLP 433

Image


Ce disque est une merveille : « Waltz for Debby » et « Who cares » semblent être des « alternate takes » de Kind of Blue, disque sur lequel Evans et Adderley ont joué. Cannonball est ici accompagné de Percy Heath à la basse et de Connie Kay le batteur du Modern Jazz Quartet et surprend avec des lignes plus légères et appaisées…

Vous avez de la chance, ce disque fait partie des grands sous estimés de l'histoire du jazz moderne et reste encore abordable.

En janvier 1962, le sextet (avec Yusef Lateef) fait un carton au Village Vanguard de New York.

« Cannonball Adderley sextet in New-York » Riverside RLP 404

Image
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Message #11 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:54

Adderley (Suite)

Pour 1962 on signalera également  :

Ray Brown, Cannonball Adderley - Ray Brown with the All Star Big Band  (Verve V/V6 8444)
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Cannonball Adderley - New York City '62  (Magnetic (Luxe) MRCD 133)

Nat Adderley - In the Bag  (Jazzland JLP 75)

The Oscar Peterson Trio with the All Star Big Band! - Bursting Out  (Verve V/V6 8476)

Cannonball Adderley - Spider Johnson and his Popeye Band  (Riverside R 4522)

Cannonball Adderley - Cannonball in Europe!  (Riverside RLP 499)

Cannonball Adderley - This Here  (Riverside (J) VIJ 4031)

Cannonball Adderley - Jazz Workshop Revisited  (Riverside RLP 444) avec le hit Jive Samba
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Cannonball Adderley  (Session Disc 119)

Cannonball Adderley - Cannonball's Bossa Nova  (Riverside RLP 455)

Image


1963

En 1963 , l’évènement majeur, c’est la tournée au Japon qui connaît un succès phénoménal. Le point culminant est atteint lorsque Cannonball et ses musiciens jouent au Sankei Hall de Tokyo. “Nippon Soul” est le titre de l’album tiré des concerts donnés en ce lieu le 14 et le 15 juillet.

« Nippon Soul » Riverside RLP 477
Image

Procurez vous ce disque ! Non seulement l’atmosphère du concert est exceptionnelle mais le sextet semble sur un nuage et la qualité d’enregistrement est très bonne…

Sortent également en 1963 :

A Day with Cannonball Adderley 1963 (Baybridge (J) UPS 2165)

Cannonball Adderley - Autumn Leaves  (Riverside (J) SMJ 6130)

Cannonball Adderley - Dizzy's Business  (Milestone M 47069)
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #12 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 18:58

Adderley (Suite)

1964-1966

Après 1963, Riverside connait des difficultés et finit par sombrer. Cannonball va alors signer chez Capitol et ses disques vont devenir progressivement plus « commerciaux »

1964

Cannonball Adderley - Live!  (Capitol ST 2399)
Image

Cannonball Adderley Sextet  (Capitol T 5281)

Cannonball Adderley, Ernie Andrews - Live Session!  (Capitol ST 2284) cité plus haut par Milesmiles…
Image

Cannonball Adderley - Fiddler on the Roof  (Capitol ST 2216) Je crois que c'est la BO du film..
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1965

Cannonball Adderley - Domination  (Capitol ST 2203) avec une orchestration d’Oliver Nelson
Image

1966

Cannonball Adderley Quintet (Capitol T 5648 )

Cannonball Adderley - Great Love Themes  (Capitol ST 2531)

Cannonball Adderley Live in Paris, April 23rd, 1966  (Ulysse Musique (F) AROC 50709) également cité plus haut par Milesmiles… Trouvez le et conservez le car c'est un pressage français qui n'existe pas en version US donc recherché...
Image

Cannonball Adderley - Mercy, Mercy, Mercy!: Live at "The Club" (Capitol ST 2663)
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Attention, chef d’œuvre !
Contrairement à la légende ce n’est pas un album enregistré dans un club mais bel et bien un “live” produit en studio ! Aux studios Capitol à Los Angeles, le 20 octobre 1966 pour être précis, avec une audience choisie et réactive… Du pur swing hard-bop, passant de variations be-bop complexes (Hippodelphia) au quasi gospel (Sticks) avec le dialogue entre la section rythmique et les cuivres. L'ensemble baigne dans une vitalité graisseuse qui culmine avec le hit de Zawinul qui donne son titre au disque, Mercy, mercy, mercy et où le Wurlitzer électrifié est pour beaucoup dans l’atmoshère enfumée et fin de partie du morceau…

La photo montre tous les médias utilisés pour célébrer le succès de Mercy, mercy, mercy : LP, EP, 8 tracks cartridge, bande magneto etc… Le disque est encore trouvable à un prix décent. Bonne chasse…


Cannonball Adderley - Cannonball in Japan  (Capitol (J) CP 8096)

En 1966, Cannonball revient au Sankei Hall de Tokyo, avec un quintet cette fois et Mercy, mercy, mercy de Zawinul qui sera également un hit au Japon….
La présence de Zawinul, un maitre dans l’exercice du piano électrique, a fait évoluer Cannonball vers un jazz plus funky. Il sera un des premiers à utiliser un saxophone électrique.
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #13 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 19:05

Adderley (Suite)


1967-1970

1967

Cannonball Adderley - Radio Nights  (Virgin Night VNCD 2)

Cannonball Adderley - 74 Miles Away (Capitol ST 2822)
Image

Cannonball Adderley - Why Am I Treated So Bad!  (Capitol ST 2617)  Live
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1968

Cannonball Adderley - Cannonball in Person  (Capitol ST 162)

Cannonball Adderley - Accent on Africa (Capitol ST 2987)
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1969

Cannonball Adderley - Country Preacher (Capitol SKAO 404)  Live
Image

Cannonball Adderley - Alto Giant  (Joker (J) UPS 2057)

Cannonball Adderley - Cannonball, Vol. 1 (Dobre DR 1008 )

1970

The Cannonball Adderley Quintet and Orchestra  (Capitol ST 484)
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Cannonball Adderley - Love Sex and the Zodiac  (Fantasy F 9445)
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Cannonball Adderley - The Price You Got to Pay to Be Free (Capitol SWBB 636)
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The Price You Got to Pay to Be Free est le dernier disque important du quintet AMHA. Attention, cela ne veut pas dire que les autres ne sont pas agréables ! Cela veut seulement dire que celui-ci est à mettre avec les références

Cannonball Adderley - The Happy People  (Capitol ST 1121)
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Cannonball Adderley - The Black Messiah (Capitol SWBO 0846)

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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #14 par Alleuze » 22 Oct 2010 à 19:09

Adderley (Suite et Fin)


1971-1975

Cette période ne connaîtra pas de disque d’exception et je la rappelle pour mémoire. Toutefois, au cours de 1975, Cannonball s’est mis à revisiter son passé et sur Phenix, par exemple, il avait enregistré d’intéressantes nouvelles versions de ses premières productions. Mais avant de pouvoir confirmer cette évolution, le colosse paya son tribut à la bonne bouffe sous la forme d’une attaque cérébrale consécutive de son diabète…

1972

Cannonball Adderley - Polskie Stowarzyszenie Jazzowe (PSJ Z SXL 0546)  Pressage polonais pour amateurs…

Cannonball Adderley - Save the Children  (Motown M 800)

Nat Adderley - Soul Zodiac (Capitol SVBB 11025)
Image

Cannonball Adderley - Soul of the Bible  (Capitol SABB 11120)

Cannonball Adderley - Music You All (Capitol ST 11484)


1973

Cannonball Adderley - Inside Straight (Fantasy F 9435)
Image

Cannonball & friends (Capitol SVBB 11233)
Image

1974

Cannonball Adderley - Pyramid (Fantasy F 9455)
Image

Nat Adderley - Double Exposure
 (Prestige P 10090)

1975

Cannonball Adderley - Phenix  (Fantasy F 79004)

Cannonball Adderley - Lovers (Fantasy F 9505)
Image

Cannonball Adderley - Big Man  (Fantasy F 79006)

Image



Cannonball est mort le 8 août 1975.
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #15 par Popa » 23 Oct 2010 à 07:27

Soit remercié pour ce travail Gérard et continue de nous faire réver avec cette saga .

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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #16 par Alleuze » 23 Oct 2010 à 18:43

Le coin du Discophile/Tome 4/ Thelonious Monk


Image

Monk avec Howard McGhee au Minton's Play House de Harlem en septembre 1947


Pour ce qui est de la biographie et de l’analyse de la musique, je vous renvoie sur les sites spécialisés et je rappelle que Monk, lui aussi, possède son site officiel :

http://www.monkzone.com/


On sait peu de choses de sa jeunesse. Né à Rocky Mount en Caroline du nord le 10 octobre 1917 , sa famille déménage à New York peu après. Il commence le piano à 6 ans, et bien qu'il ait pris quelques cours, il est considéré comme un autodidacte. À 12 ans, il accompagne à l'harmonium sa mère qui chante dans l'église Baptiste de son quartier. À 17 ans, il participe à la tournée d'un évangéliste.

Il commence ensuite à trouver du travail comme musicien de jazz ; il apparaît sur divers enregistrements réalisés autour de 1941 au Minton's Playhouse, un club de Harlem, où Monk a été engagé comme pianiste, cf les références suivantes en 78 RPM :

Ne vous attendez pas à les trouver facilement…

1941

Varous Artists  Live Sessions at Minton's  (Everest FS 219)

Joe Guy, Hot Lips Page - Trumpet Battle at Minton's  (Xanadu 107)

Don Byas - Midnight at Minton's  (Onyx ORI 208 )

Harry Edison, Hot Lips Page - Sweets, Lips and Lots of Jazz  (Xanadu 123)

Hot Lips Page - After Hours in Harlem  (Onyx ORI 207)

Joe Guy, Billie Holiday - Harlem Odyssey  (Xanadu 112)

Charlie Christian and the Minton’s House band (Polydor 5800052 et 5800054) Ces deux là sont français et doivent dater de 1947…

Image


Le style très personnel de Monk fait sensation, et attire les grands de l'époque, comme Dizzy Gillespie, Bud Powell ou Charlie Parker. En 1944, Monk enregistre en studio pour la première fois avec le quartet de Coleman Hawkins. Il se marie avec Nellie Smith en 1947, la même année où il enregistre pour la première fois sous son nom.

1944

Coleman Hawkins - Bean and Ben  (Harlequin HQ 2004)

1946

Dizzy Gillespie '46 Live at the Spotlite  (Hi-Fly H 01)

1947

A partir de cette date, les enregistrements sont trouvables en 33 RPM

Thelonious Monk - Genius of Modern Music, Vol. 1  (Blue Note BLP 5002)

Ce disque est un 10’’ (25cm) et rassemble trois séances d’enregistrement des 15/10/1947, 21/11/1947 et 2/7/1948. Il est sorti en 1951. Il est, bien entendu, très recherché : sa cote Goldmine varie de 100 à 400 $ selon l’état.

Image

(Blue Note BLP 1510) Celui-ci est un 12’’ (30cm) sorti en 1956.  

Image

Bien que moins cher, BLP 1510 peut dépasser 200 $ si l’étiquette porte l’adresse de Lexington Avenue et que le disque soit « deep groove » (une marque gravée sous l’étiquette sur chaque face)

Image

More Genius of Thelonious Monk  (Blue Note (J) BNJ 61011)

Thelonious Monk - Genius of Modern Music, Vol. 2  (Blue Note BLP 5009)

Comme BLP 5002, BLP 5009 présente des morceaux extraits des trois séances d’enregistrement citées plus haut et sera réédité dans la série 1500 :

(Blue Note BLP 1511)
Image

BLP 1510 et 1511 ont été réédités dans la série allemande Original Jazz Classics (OJC). On signalera que Toshiba a réédité l’intégralité de la série 1500 de Blue Note.




La période Blue Note

La période 1947-1952 est la période Blue Note : en 5 années et 7 sessions, Monk enregistre 33 morceaux dont 23 compositions originales parmi lesquelles on compte quelques classiques : Ruby my dear, Straight no chaser, Well you needn't ou 'Round midnight.  

Si vous ne vous sentez pas de chercher les sessions Blue Note, procurez vous l’intégrale parue chez Mosaic (en vinyl bien sûr !) :

Mosaic MRA-101 Complete blue Note Recordings (4 LP)

Image


Tout est déjà là : complexité, invention mélodique, silences, dissonances…. Monk, âgé de 30 ans en 1947, s'impose immédiatement comme l'architecte d'une œuvre profondément originale qui n'est bien sûr pas appréciée à sa juste valeur lors de la sortie de ses premiers albums.

Les accompagnateurs de ces premières années varient en fonction des sessions: Idrees Sulieman (tp), Gene Ramey (b), Danny Quebec (as), qui est le neveu de Ike, mentor de Thelonious chez Blue Note, Milt Jackson (vib), Kenny Dorham (tp), …. Et le grand batteur Art Blakey.


1948

Milt Jackson and the Thelonious Monk Quintet  (Blue Note BLP 1509)

Image

Encore un disque rare, le dernier que j’ai vu est parti à 110 $


1950

Quelques infidélités de Monk sur d'autres labels :

Various Artists. - Our Best  (Clef MGC 639)

The Genius of Charlie Parker, #4 - Bird and Diz  (Mercury MG C512)

Image


Plus facile à trouver est la “reissue” de 1957  chez Verve (Verve MGV 8006)

Image


1951

Various Artists. - Cool Whalin'  (Spotlite (E) SPJ 135)




La Période Prestige


1952-1954 est la période Prestige… La compagnie de Bob Weinstock, chez qui il enregistrera en deux années 5 séances en leader et deux en tant que sideman pour Miles Davis et Sonny Rollins.

Superbes disques partagés entre compositions originales (Little rootie Tootie, Bemsha swing, Monk's Dream, Hackensack …) et standards comme These foolish things, Smoke gets in your eyes et Just a gigolo.

Le titre préféré de Monk, c'est Blue Monk, un blues en trio au riff très simple qui fait mouche, avec un solo intelligent de batterie par Blackey juste avant la reprise du thème, et que le compositeur rejouera souvent par la suite.

Art Blakey est toujours là sur la plupart des titres, Frank Foster ou Sonny Rollins au ténor, Curley Russell ou Percy Heath à la basse. Quant au son, avec Rudy Van Gelder aux commandes, il est
plus clair et nettement mieux balancé que celui des enregistrements Blue Note

1952

Thelonious Monk Trio  (Prestige PrLP 142)

La couverture :
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Le disque :
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La reprise de 1956 n’est guère plus facile à trouver (Prestige PRLP 7027) mais a été elle-même ressortie sur OJC en 1985…

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1953

Thelonious Monk - Monk  (Prestige PRLP 7053)
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Deux sessions, les 13 novembre 1953 et 11 mai 1954 (avec Hackensack et Smoke gets in your eyes). Ce disque est difficile à trouver et, bien entendu, hors de prix…

Thelonious Monk and Sonny Rollins  (Prestige PRLP 7075)
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1954

Thelonious Monk - Solo on Vogue  (Vogue (F) 500 104) Pressage français à partir de diverses sessions précédentes. Tellement rare que je n’ai même pas de photos de la pochette !


Sonny Rollins - Moving Out  (Prestige PRLP 7058 )
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Pour le titre More than you know enregistré avec Monk le 25 octobre 1954. Les autres morceaux, qui datent du 18 août 1954, sont avec  Elmo Hope.


Miles Davis - Bags' Groove  (Prestige PRLP 7109)
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Pour les deux prises de Bag’s Groove (Bags était le surnom de Milt Jackson), un blues magnifique, enregistré pendant la même session que celle du disque suivant, et qui donne son nom à cet album. Attention, c'est Horace Silver qui est au piano sur les 5 autres morceaux du disque (session du 29 juin 1954).


Miles Davis and the Modern Jazz Giants  (Prestige PRLP 7150)
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3 titres de la session du 24 décembre 1954 avec Jackson, Monk, Percy Heath et Kenny Clarke. Plus la fameuse seconde prise de The Man I Love (take 2) sur laquelle Monk s'arrête soudainement de jouer derrière Miles, créant ainsi un vide étrange resté célèbre dans l'histoire du jazz.


Thelonious Monk-Sonny Rollins Work ( Prestige PrLP 7169)
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Tous ces disques sont INDISPENSABLES dans une discothèque Monkienne et idem pour Davis et Rollins…



La Période Riverside

Fin 1954, Monk, dont les rapports avec Bob Weinstock se dégradent pour des questions financières, manifeste le désir de quitter Prestige. Il se retrouve ainsi au début de 1955 sur le jeune label Riverside de Orrin Keepnews qui, prudent devant l'incompréhension manifeste du public, lui fait enregistrer deux albums de reprises dont un consacré à l'œuvre d'Ellington.

1955

Thelonious Monk Plays the Music of Duke Ellington  (Riverside RLP 12-201)
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Sessions des 21 et 27 juillet 1955. En compagnie d'Oscar Pettiford (b) et Kenny Clarke (drs), Monk paie son tribut à l'œuvre du Duke et, comme McCoy Tyner et d'autres après lui, il le fait sagement, respectueusement, mais sans pouvoir s'empêcher quand même d'y ajouter le sel de sa modernité. Un grand disque.

Sorti en petit pressage, l’original (étiquette blanche, impression bleue) est rare et cher (3 à 400 $ !) je me contente de l’étiquette bleue (deuxième pressage à partir de 1958 ).


Gigi Gryce Quartet and Orchestra  (Signal S 1201)
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1956


Thelonious Monk - The Unique  (Riverside RLP 12-209)

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Thelonious Monk - Brilliant Corners  (Riverside RLP 12-226)

Enregistré en décembre 1956. Troisième album pour Riverside, avec Sonny Rollins, Ernie Henry (as), Pettiford et Max Roach, le replonge dans l'univers des créateurs. L'entente avec Rollins est loin d'être parfaite mais qui pourrait s'entendre avec Monk quand il s'amuse à tout remettre en question et jette dans le studio des grilles d'accords qu’il est encore le seul à comprendre…

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Disque parfois difficile d’accès, Brilliant corners est « facile » à trouver en étiquette bleue (sorti en 1958 ), l’original (étiquette blanche, impression bleue) l’est moins… Pour ma part, je me contente encore de la bleue…
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1957


Thelonious Monk - Thelonious Himself  (Riverside RLP 12-235)


Sonny Rollins, Vol. 2  (Blue Note BLP 1558 )

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Un des chefs d’oeuvre de Rollins. Mon exemplaire (d’époque) tant écouté est encore en état, un exploit !


Art Blakey's Jazz Messengers with Thelonious Monk - Jazz Connection  (Atlantic 1278 )

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Une rencontre de maîtres du jazz hors du temps. Blakey, accompagné de Johnny Griffin (sax tenor), Bill Hardman (trompette) et Spanky Debrest (contrebasse), fait face à un Monk dans sa plus prolifique période. Chaque morceau est une emphase où chaque co-leader brode son articulation instrumentale respective sur l’impressionnante et expressive trame tissée par les JM…  

En d’autres mots, c’est une splendeur ! Ecoutez, par exemple, l’intro de Hardman sur « Evidence » qui précède l’exécution décalée de Monk. Il n’y a pas de face à face, pas de défi individuel comme sur tant d’autres albums, chaque musicien est véritablement inspiré par les autres et l’ensemble devient quasi hypnotique comme dans « In Walked Bud »…  

Blakey est bien la main ferme derrière l’ensemble comme on le ressent sur le torrent percussif qu’il verse sur l’intro de « Blue Monk »…  

Bon, indispensable, si vous n’avez pas encore compris !


Thelonious Monk - Monk's Music  (Riverside RLP 12-242)

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Enregistré le 26 juin 1957. Le résultat de la très brève aventure de Monk avec Coltrane. Le saxophoniste ténor s'engouffre littéralement dans l'œuvre du pianiste qui, l'air de rien, lui sert de guide dans l'exploration de son univers intérieur. Ainsi s'accomplit la contribution de Monk à l'éveil d'un nouveau géant.

Même histoire d’étiquettes blanches et bleues que précédemment…


Thelonious Monk with John Coltrane  (Jazzland JLP 46)

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Diverses sessions étalées sur 1957 et 1958. Une nouvelle prise d'Epistrophy datant de la session du 26 juin 1957 et Off Minor qui fait double emploi avec le disque précédent plus un titre joué par Monk en solo. Et 3 nouveaux morceaux avec Coltrane : Ruby My Dear, Trinkle Tinkle, et Nutty, pour prolonger encore un peu la magie de cette trop courte histoire.


Gerry Mulligan, Thelonious Monk - Mulligan Meets Monk  (Riverside RLP 12-247)

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Mulligan est, à l’époque, une star du jazz d’où cette invitation pour le moins étrange aujourd’hui où le monstre pas encore sacré est reçu à la table des tenants provisoires de la scène…

Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit ! Ce disque vaut le détour même si le mélange est parfois limite... Mon exemplaire est un Prestige anglais d'époque trouvé pour une bouchée de pain...



Une fois n’est pas coutume, je signalerais un CD mais pas n’importe quel CD puisqu’il s’agit de :

Thelonious Monk Quartet with John Coltrane at Carnegie Hall (Blue Note 0946 3 35173-2-5)



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qui retranscrit le concert donné en 1957 à partir de bandes miraculeusement retrouvées à la Library of Congress en 2005 !


1958


Thelonious Monk and Max Roach  European Tour (LRC (J) 32C38 7683)

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Clark Terry, Thelonious Monk - In Orbit  (Riverside RLP 12-271)

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Enregistré en mai 1958, "In Orbit" est un album peu ordinaire qui voit Monk en side man accompagnant un Terry qui abandonne la trompette pour le fluegelhorn et tout se passe bien ! Ecoutez les réminiscences d’Ellington sur “ One Foot in the Gutter.”


Thelonious Monk - Thelonious in Action  (Riverside RLP 12-262)

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Album à trouver immédiatement : “In Action” et le suivant “Misterioso” ont été enregistrés la même nuit (7 août 1958 ) au Five Spot Café à New York, un bar banal de l’East Side mais le disque, lui, est loin de l’être. Le groupe s’accorde parfaitement à la musique de Monk, Johnny Griffin est grand et Roy Haynes est immense, vérifiez le sur “Evidence”



Thelonious Monk - Misterioso  (Riverside RLP 12-279)

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1959


The Thelonious Monk Orchestra at Town Hall  (Riverside RLP 12-300)  

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Encore une curiosité, Monk traduit ses compositions en orchestration pour dix parties (dont un cor et un tuba ! ) et explore de nouvelles dimensions…


Thelonious Monk - 5 by Monk by 5  (Riverside RLP 12-305)

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Deux nouvelles compositions (Jackie-ing et Played twice) et trois anciennes revisitées par le quintet (avec Thad Jones)


Thelonious Monk - Thelonious Alone in San Francisco  (Riverside RLP 12-312)

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C’est le disque de la réduction à l’essentiel ; un hall vide, un magneto et Monk. C’est son deuxième disque solo pour Riverside et il l’entame par son morceau préféré : Blue Monk...  Lyrique et interiorisé tout à la fois…


1960


Thelonious Monk at the Blackhawk  (Riverside RLP 12-323)
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Enregistré le 29 avril 1960 au célèbre club. Monk et Rouse sont parfaits mais les deux invités pédalent un peu derrière, visiblement largués par l’atmosphère quasi primitive créée par le pianiste et le souffleur…


1961


Thelonious Monk in Europe Vol 1 (Italy) (Riverside RLP 443)

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Pour « Rhythm-A-Ning» qui traduit toute la cohésion entre Monk et Rouse avec la chaleur du « live » dans une ambiance enfiévrée qui rappelle celle du « Five Spot »…

Thelonious Monk in Stockholm  (Duke (It) D 1020)


Thelonious Monk in Europe Vol 3 ( France)  (Riverside RLP 491)

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Pour les 80 secondes du solo de « April in Paris » qui clôt le disque et la tournée européenne


A Child's Introduction to Jazz: Narrated by Julian "Cannonball" Adderley  (Riverside RLP 1435)

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Egalement une curiosité : le jazz raconté aux enfants par Cannonball accompagné de quelques complices de haut niveau dont Monk… Une bonne introduction mais difficile à trouver.


Le contrat avec Riverside expire en 1961. Entre-temps, Monk, à l'âge de 45 ans, est devenu un musicien reconnu à sa juste valeur et qui se vend. Le passage chez Columbia se fait donc tout naturellement.

Là, Monk aura le temps de peaufiner ses œuvres en studio. Paradoxalement, il composera moins et jouera dans la continuité. C'est le temps de la maturité, voire du repli sur soi. Il revisite ses thèmes et essaie toutes les combinaisons du piano solo au grand orchestre


Avant de quitter Riverside, il importe de rappeler qu’il existe une intégrale en vinyls (22 LP) et en (pouark) CD (15 CD)…

Complete Riverside Recordings  (Analogue productions)

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Thelonious Monk - The Complete Riverside Recordings. (Riverside RCD-022-2)

« The complete Riverside recordings are available in a boxed set of 15 CD's, originally a set of 22 LP's. This Grammy winning set includes previously unissued items (some have since been released on Milestone, or as extra tracks on reissued CD's) as well as some items still not available anywhere else. »



La Période Columbia

Monk a réussi à être partout demandé sans avoir fait aucune concession, il en va de même pour son passage chez Columbia qui le fera connaître au grand public


1962


Thelonious Monk - Monk's Dream  (Columbia CL 1965)


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Enregistré fin octobre et début novembre 1962. Très beau son mais auquel il manque quelque chose des précédents enregistrements…. Un de mes premiers achats…



Thelonious Monk - Criss Cross  (Columbia CL 2038 )

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Enregistré en nov 1962, mars et avril 1963.

Plus homogène et, somme toute, meilleur que le précédent. Monk est brillant dans “Hackensack”


1963


C'est le temps des tournées américaines et européennes, japonaise et australienne, et des disques enregistrés en direct ici et là. Et le 28 février 1964, chacun peut admirer son portrait à la une de Time Magazine.


Thelonious Monk - Spastic and Personal  (Alto AL 725)

Thelonious Monk - Evidence  (Esoldun (F) FC 105) Pressage français que je n’arrive pas à trouver…

Thelonious Monk - Monk in Tokyo  (CBS/Sony (J) SOPW 69/70)

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Miles Davis, Thelonious Monk - Miles and Monk at Newport  (Columbia CL 2178 )

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Thelonious Monk Live at Monterey Jazz Festival 1963  (Jazz Unlimited (Swd) JUCD 2045/46)

Thelonious Monk Live at the Village Gate  (Xanadu 202)

Thelonious Monk - Big Band and Quartet in Concert  (Columbia CL 2164)

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Nous sommes le 30 décembre 1963 et c’est la première apparition en public de l’orchestre de Monk  dans un grand music hall depuis le concert au Town Hall. Il y a là : Thad Jones - cornet. Nick Travis - trumpet. Charlie Rouse - tenor. Steve Lacy - soprano. Phil Woods - alto and clarinet; Gene Allen - baritone and clarinet. Eddie Bert - trombone. Thelonious Monk - piano. Butch Warren - bass. Frankie Dunlop - drums. Hall Overton - arranger. Cela commence doucement avec « Bye-ya » et ça grimpe progressivement jusqu’à « Four in one », Monk prend ses solos avec ferveur… Un grand disque.


1964


Thelonious Monk - It's Monk's Time  (Columbia CL 2184)

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Enregistré en janvier et mars 1964

Thelonious Monk Live in Paris 1964, Alhambra, Vol. 1  (Esoldun (F) FC 135)

Thelonious Monk Live in Paris 1964, Vol. 2  (Esoldun (F) FC 132)

Thelonious Monk - Monk  (Columbia CL 2291)

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Enregistré en mars et octobre 1964 Avec au dos du disque un superbe salut de la part de Bill Evans : « Thelonious Monk is an example of an exceptionally uncorrupted creative talent. He has accepted the challenges that one must accept to forge a music utilizing the jazz process. Because he lacks, perhaps fortunately, exposure to the Western classical music tradition or, for that matter, comprehensive exposure to any music other than jazz and American popular music, his reflections of formal superficialities and their replacement with fundamental structure has resulted in a unique and astoundingly pure music »


Thelonious Monk Live at the It Club  (Columbia C2 38030)

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Session en public dans un club de Los Angeles le 31 octobre 1964


Thelonious Monk - Solo Monk  (Columbia CL 2349)

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A l’exception de « Monk’s Blues » le morceau chouchou, voici le moins monkien des albums de Monk. Seuls 5 sur les 13 morceaux sont de lui et les autres sont presque tous d’obscurs succès des années 20 et 30. C’est du bon piano jazz, avec du Harlem Stride (dans « Dinah », on croirait entendre Fats Waller !) et aucun swing… Cela dit, il s’est visiblement fait plaisir !

Thelonious Monk Live at the Jazz Workshop  (Columbia C2 38269)



1965


A partir de cette date, les enregistrements originaux et les concerts vont se faire rare (puis disparaître après 1972). En 1968, la musique se transforme, devient électrique et la pop music envahit tout. Miles lui-même se met à l'électricité et engage des jeunes loups comme Hancock ou Corea.

Monk, lui, ne sait jouer que du Monk. Il quittera Columbia en 1968.

Il enregistre ensuite çà et là pour diverses compagnies, n’écrit pratiquement plus rien de neuf mais réexplore sans cesse ses compositions comme il l’explique lui-même : "Jazz is my adventure, I'm after new chords, new ways of syncopating, new figures, new runs. How to use notes differently. That's it. Just using notes differently…."

Quelques années plus tard, il commencera à s'enfoncer inexorablement et sans espoir de retour dans ce silence qu'il a exploré toute sa vie…

En revanche, que de bruit après sa mort en 1982 : une avalanche de disques hommages, de rééditions voire de pseudo découvertes vont faire florès… Je ne vous les infligerai pas. Voici ce qui peut être retenu entre 1965 et 1971 :


Thelonious Monk and his Quartet Olympia, May 23, 1965  (Trema (F) 710377/78 )

Thelonious Monk - The Canadian Concert  (Can-Am (Ca) CA 1100)


1966


Thelonious Monk - Blue Monk  (Black Lion (J) 32JDB 137)


Thelonious Monk - Straight, No Chaser  (Columbia CL 2651)

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Enregistré les 15 novembre 1966 et 10 janvier 1967. Une version encore renouvelée de « Straight, No Chaser » (qui date des années 40) pour la BO du film éponyme… Mais également une superbe version de « I didn’t know about you » d’ Ellington…


1967


Dave Brubeck - Summit Sessions  (Columbia C 30522)

Encore un que je cherche !
Enregistré au printemps 1967 au « Puebla Arts Festival », cette rencontre improbable entre deux maîtres du piano au style si différent mais qui chacun à leur manière ont modifié le cours de l’histoire sans avoir guère de contact entre eux. Un duo improvisé, sans répétitions, tout de spontanéité….


Thelonious Monk - On Tour in Europe  (Affinity (E) AFFD 192)

Thelonious Monk Quartet and Octet in Europe  (Unique Jazz UJ 012)


Thelonious Monk Nonet Live in Paris 1967  (Esoldun (F) FC 113)

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Thelonious Monk - In Europe  (Heart Note HN 003)


Thelonious Monk - Underground  (Columbia CS 9632)

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Enregistré en plusieurs sessions étalées de décembre 1967 à décembre 1968. La pochette présente Monk en FFI ! La photo a été prise dans le studio de Monk installé dans son appartement de Manhattan. C’est non seulement le premier album depuis longtemps à présenter de nouveaux morceaux, ce sera aussi le dernier ! Je recommande « Thelonious », « Boo Boo’s birthday » et « Green chimneys »…


1968


Thelonious Monk - Monk's Blues  (Columbia CS 9806)

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Une horreur ! Enregistré les 19 et 20 novembre 1968 avec un big band qui ne comprend rien à la musique de Monk … Et le pire, c’est que c’est Oliver Nelson, celui qui nous a donné le génial « The blues and the abstract truth » qui produit !…
A éviter


Thelonious Monk - Greatest Hits  (Columbia CS 9775)


1969


Stars of Bop - Tour de Force  (Moon (It) MCD 006-2)


1970


Thelonious Monk in Tokyo  (Express (J) ETJ 60006)

1971

Temps de la dernière tournée avec Gillespie et les « Giants of Jazz » :

Giants of Jazz - Bop Fathers, Vol. 1  (Lotus ORL 8252)

Giants of Jazz in Berlin 1971  (EmArcy (J) EJD 3018)

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Enregistré le 5 novembre 1971 à Berlin. Superbe orchestre et un des derniers grands témoignages…

Thelonious Monk - The London Collection, Vol. 1  (Black Lion (E) BLP 60101)
Thelonious Monk - The London Collection, Vol. 2  (Black Lion (E) BLP 60116)
Thelonious Monk - The London Collection, Vol. 3  (Black Lion (J) TKCB 30083)

1972

Giants of Jazz  (Concord Jazz GW 3004)

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Enregistré le 12 novembre 1972 en Suisse avec des réminiscences parkeriennes quand Sonny Stitt joue "Don't Blame Me",  ellingtoniennes  pour "I'll Wait For You" et monkiennes pour presque tout le reste…



On signalera également deux intégrales :

Complete Columbia recordings

Complete Black Lion & Vogue Recordings

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I'll play it and tell you what it is later... (Miles Davis)
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #17 par Alleuze » 24 Oct 2010 à 09:53

TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS...TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS...TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS



Le Coin du Discophile/Tome 5/Sonny Rollins


Even the most jingoistic person would have to admit that even American cultural music comes from Europe. That's what classical music is, real European music. (Sonny Rollins)



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Né à New York, le 7 septembre 1930, de parents fous de musique et originaires des Caraïbes,

Sonny Rollins a d’abord étudié le piano avant de se tourner vers le sax. Travaillant ses premiers

gigs au lycée, il eut la chance d’atteindre l’âge adulte en pleins débuts de la révolution du

bebop. Sous l’égide de Thelonious Monk, Sonny devient peu à peu un maître… Tandis que ses

contemporains, Jackie McLean, Kenny Drew, et Art Taylor, croisés dans Harlem au hasard des

engagements, en sont encore à tenter leur chance, Sonny lui, se paye le luxe d’enregistrer avec

des pointures telles que  Babs Gonzales, J.J. Johnson, Bud Powell, et Miles Davis avant même

d’avoir vingt ans…



1949


V.A. - Bebop Professors  (Capitol (J) CR 8812)

Babs Gonzales - Weird Lullaby  (Blue Note CDP 7 84464-2)

J.J. Johnson - Mad Be Bop  (Savoy SJL 2232)

J.J. Johnson's Jazz Quintets  (Savoy MG 12106)

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J.J. Johnson, Kai Winding, Bennie Green - Trombone by Three  (Prestige PRLP 7023)

The Fabulous Fats Navarro, Vol. 1  (Blue Note BLP 1531)

The Fabulous Fats Navarro, Vol. 2  (Blue Note BLP 1532)

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The Amazing Bud Powell, Vol. 1  (Blue Note BLP 50003 )

C’est l’original en 10”

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1951




 

Miles Davis - Dig  (Prestige PRLP 7012)

L’original en couverture grise, plus rare que la bleue…

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Conception  (Prestige PRLP 7013)

Disque de prestige, typique de l’époque, avec trois souffleurs blancs (Getz, Konitz, Mulligan) et Miles et Sonny..

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Miles Davis and Horns  (Prestige PRLP 7025)

Déjà présenté avec Miles Davis

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Sonny Rollins with the Modern Jazz Quartet, Art Blakey, Kenny Drew  (Prestige PRLP 7029)

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Après une année 1952, vide du point de vue discographique, on retrouve Sonny en 1953 sur « Collector’s ltem » de Miles Davis. Autre acoquinement  important de cette année 1953 : Thelonious Monk engage Sonny dans son quintette. Je ne reviens pas sur ces disques que nous avons déjà vus.


1953


Miles Davis - Collector's Items  (Prestige PRLP 7044)

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Thelonious Monk - Monk  (Prestige PRLP 7053)

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Thelonious Monk and Sonny Rollins  l’original PrLP 190

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Ressorti en 1956 dans la série 7000 (Prestige PRLP 7075)

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1954


Art Farmer - Early Art  (New Jazz NJLP 8258 )

L’original est difficile à trouver. Nous avons ici une « re issue» de 1961

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Miles Davis - Bags' Groove  (Prestige PRLP 7109)

Une splendeur, mon disque de chevet et on m’enterrera avec lui !

Enregistré chez Rudy van Gelder les 29 juin et 24 décembre 1954. Rollins est superbe sur la reprise d’« Airegin ». sans oublier celle d’« Oleo » qui est un chef d’œuvre : « a provocative new melody based on the "I Got Rhythm" changes.  Piano and drums lay out at key points during the arrangement, adding dramatic textural contrast.  Muted trumpet and tenor announce the serpentine theme over Heath's punchy bass line; Miles' little boyish timbre and Rollins' airy Lestorian (Young, that is) detachment animate these classic solos, while Clarke's dramatic switch to brushes fires up Silver's puckish line.”

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Sonny Rollins - Moving Out  (Prestige PRLP 7058 )

Pour le titre « More than you know » enregistré avec Monk le 25 octobre 1954. Les autres morceaux, qui datent du 18 août 1954, sont avec Elmo Hope.

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1955

1955 est une grande mais difficile année pour Sonny. Il est écarté du quintet de Miles Davis au profit d’un dénommé Coltrane. Sonny a trouvé le moyen d’être encore plus défoncé que la moyenne d’un groupe pourtant réputé pour sa consommation… Mais, bonheur, il se met à travailler avec un duo de rêve : le trompettiste Clifford Brown et le batteur Max Roach.

Clifford Brown, Max Roach - Raw Genius 1  (Victor (J) SMJ 6185M) Image
Clifford Brown, Max Roach - Raw Genius 2  (Victor (J) SMJ 6186M) Image

Ces deux disques reprennent l’intégralité d’un concert au Bee Hive club de Chicago le 7 novembre 1955. Plus facile à trouver est cette reprise de 1979 :

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Sonny Rollins - Worktime  (Prestige PRLP 7020) avec Max Roach

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Rare et cher  en original mais OJC a sorti une copie en 1985 (OJC 007)


A suivre...

1956

1956 est une année exceptionnelle pour Sonny. Outre son retour en forme physique et sa collaboration avec un duo d’exception, il va former son propre groupe et, tout simplement, sortir une suite exceptionnelle d’œuvres au disque dont deux chef d’œuvre absolus…

Commençons d’abord par la collaboration avec Brown et Roach :

Clifford Brown and Max Roach at Basin Street  (EmArcy MG 36070)

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Enregistré le 4 janvier 1956, c’est le dernier disque du Quintet de Clifford et Max (du vivant de “Brownie” tué dans un accident de voiture le 26 juin de la même année) et le seul officiel avec Sonny. Avec Richie Powell au piano et George Morrow à la basse, la liaison Brownie-Rollins fonctionne admirablement sur "What Is This Thing Called Love," "I'll Remember April," et "Love Is a Many Splendored Thing." Très recommandé


Clifford Brown - The Quintet, Vol. 2  (EmArcy EMS 2-407)


Clifford Brown - Pure Genius, Vol. 1  (Elektra/Musician E1 60026)

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Même distribution que sur le disque précédent mais avec Bud Powell au piano, excusez nous du peu !!! Encore un grand disque avec "I'll Remember April", "Daahoud", "52nd Street Theme"….

Allez, un dernier avec Clifford sinon on va croire que je me suis trompé de discographie !

Clifford Brown - More Study in Brown  (EmArcy (J) 195J 1) Nouveau pressage japonais

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Et maintenant encore avec le duo mais sur un disque de Sonny, le premier d’une suite exceptionnelle  :

Sonny Rollins Plus 4  (Prestige PRLP 7038 ) enregistré le 22 mars 1956 avec Brown et Roach

Première pochette :

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Deuxième pochette :

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Premier disque important de Sonny. Il comporte de superbes échanges entre Sonny et Brownie sur "Valse Hot", "Kiss and Run" , "I Feel a Song Coming On » et une superbe ballade « Count Your Blessings" ou Sonny montre ce qu’il doit à Lester Young..


Sonny Rollins - Tenor Madness  (Prestige PRLP 7047)

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Attention, chef d’œuvre ! La rencontre de Sonny et Trane sur la section rythmique de Miles !
Le premier morceau est le plus connu avec Coltrane partageant les solos, c’est d’ailleurs ce dernier qui entre le premier sur le ring mais c’est Rollins qui assène le KO final intense et lyrique à la fois. Un album de feu mais écoutez bien une mélodie comme “my Reverie" avec le phrasé souple et somptueux de Sonny…

Disque très recherché qui peut atteindre des sommets en bon état. Existe en OJC


Sonny Rollins - Saxophone Colossus  (Prestige PRLP 7079)

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Attention : deuxième chef d’œuvre !  Un des cinq plus grands disques de l'histoire du Jazz !
Enregistré en une seule séance chez Rudy van Gelder, le quartet, propulsé par la batterie de Roach, joue avec la précision d’un orchestre de chambre mais swingue comme un big band.
Sonny joue de façon impeccable tout au long mais spécialement sur “Blue 7”, une improvisation bluesy avec le plus féroce solo de Roach. Tommy Flanagan est au piano et l’on sait qu’à lui seul, il double la valeur des enregistrements où il se trouve ! Mais écoutez également les morceaux plus lents : sur "You Don't Know What Love Is", par exemple,  on sent l’engagement, la colère, la sueur de Sonny !!!

Et, puisqu’on est entre nous, Sonny Rollins, à cette époque, joue comme un dieu par rapport à Trane (qui lui a plus d’imagination ) et cela s’entend dans ce disque où tous les musiciens n’ont jamais été aussi justes…

Disque hyper recherché et donc cher, comptez 2 à 300 $ pour un exemplaire décent... Et les re issues OJC grimpent également !


Sonny Rollins - Rollins Plays for Bird  (Prestige PRLP 7095)

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Enregistré le 10 mai 1956. Une parfaite combinaison de tempo hard bop et de ballades en un morceau : "The Bird Medley" qui mêle sept titres de Charlie Parker. Pas du même niveau que les deux précédents, but it's close….



Sonny Rollins - Sonny Boy  (Prestige PRLP 7207)

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Sonny Rollins - Tour de Force  (Prestige PRLP 7126)

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Sonny Rollins, Vol. 1  (Blue Note BLP 1542)

Les débuts de Sonny chez Blue Note. Il ne se force pas trop…Pour le classique “decision”

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Quelle production ! Et ça n’empêche pas Sonny d’enregistrer en sideman avec quelques pointures :

Thelonious Monk - Brilliant Corners  (Riverside RLP 12-226)

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Max Roach + 4  (EmArcy MG 36098 )

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A suivre…


1957

1957 se montre tout aussi prolifique que 1956 ! Vous pouvez acheter tout ce que Sonny a enregistré cette année là, rien n'est mineur :

Sonny Rollins - Way Out West  (Contemporary M 3530 Mono et C 3530)

Enregistré avec Shelley Manne à la batterie et Ray Brown à la basse, ce disque est justement célèbre et pas seulement pour sa couverture qui montre le souhait de Sonny d’un retour à la nature et à la “vérité vraie” ! Sonny n’hésite d’ailleurs pas à inclure des ballades cow boy et “Solitude” d’Ellington.

Très recherché, l’original peut atteindre des sommets (cf Ebay only)

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Sonny Rollins - Contemporary Alternate Takes  (Contemporary C 7651)

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Max Roach - Jazz in 3/4 Time  (EmArcy MG 36108 )

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Sonny Rollins, Vol. 2  (Blue Note BLP 1558 )

En comparaison avec les enregistrements effectués pour Prestige, Riverside et Contemporary, ceux pour Blue Note apparaissent différents, presque opposés en climats mais valent quand même le détour, ne serait ce que pour le “All stars cast” : Jay Jay Johnson, Horace Silver, Art Blakey, Paul Chambers et, last but not least, Thelonious Monk

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Kenny Dorham - Jazz Contrasts  (Riverside RLP 12-239)

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Sonny Rollins - The Sound of Sonny  (Riverside RLP 12-241)

Enregistré en Juin 1957 à New York, ce disque montre tout ce qui fait de Sonny un titan du Sax tenor : un ton chaleureux, un moelleux à la Ben Webster, de l’humour : écoutez “Toot, toot, Tootsie ! Avec une section rythmique d’enfer qui ne gâche rien…

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Sonny Rollins - Newk's Time  (Blue Note BLP 4001)

Encore une splendeur : Newk, surnom de l’époque de Rollins, montre les talents du musicien en improvisation avec des titres de Miles Davis “Tune up” et de Kenny Dorham "Asiatic Raes."  Et son penchant pour la ré interprétation de standards populaires comme “Wonderful, Wonderful!" et "The Surrey With The Fringe On Top"  Sans oublier une composition pour Philly Joe Jones. Un classique du hard bop

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Sonny Rollins - A Night at the Village Vanguard  (Blue Note BLP 1581)

Au risque de me répéter : encore une splendeur et le témoignage d’une soirée magique !!!
Sans piano, avec la compagnie d’Elvin Jones, futur batteur de Trane, Sonny développe une musique en voie d’émancipation… Indispensable.

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Dizzy Gillespie - Duets  (Verve MGV 8260)

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Dizzy Gillespie, Sonny Stitt, Sonny Rollins - Sonny Side Up  (Verve MGV 8262)

Bon, si je vous dis que ces deux enregistrements avec Dizzy sont géniaux, vous allez dire que j’en rajoute mais c’est pourtant le cas ! Sonny a du en ecoeurer plus d’un en 57 ! Sonny side up et duets ne sont que des reflets de jam sessions mais quelles jams, quel bonheur de souffler dans le biniou ! …

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A suivre…


1958


1958 est plus chiche en enregistrement que 1957 mais la qualité n’a pas baissé, loin de là !


Sonny Rollins - Freedom Suite  (Riverside RLP 12-258 )

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Il se passe quelque chose en cette fin des années 50. Bien que le style dominant reste le hard bop, quelques furieux mènent leurs propres recherches (Monk, Trane, le pianiste Cecil Taylor…) Tout le monde est touché et Sonny le montre dans ce disque :

« The Freedom Suite is an example of Rollins' pioneering work in the saxophone trio genre, a genre that he was one of the first to develop. Backed by an outstanding rhythm section of underrated bassist Oscar Pettiford and the brilliant Max Roach, Rollins' "pianoless" group paved the way for the sax power trios of Ornette Coleman, Sam Rivers and Albert Ayler in the 60s”

Le morceau le plus impressionnant est celui qui donne son nom au disque, une suite de près de 20 minutes faite d’improvisations et de reprises triturées… Ce n’est pas du free jazz mais ce n’est plus de l’harmonie.

Disque important dans l’histoire du jazz et donc recherché. L’étiquette blanche est l’original, la bleue, bla bla bla…. Vous êtes au courant maintenant.



Sonny Rollins - Brass and Trio  (Verve V/V6 8430)

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Sonny ne veut plus de piano qui limite son imagination mais revisite des standards avec son invité : Nat Adderley



The Modern Jazz Quartet at Music Inn, Vol. 2: Gest Artist Sonny Rollins  (Atlantic 1299)

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Imaginez une école de jazz fondée par des progressistes blancs avec le MJQ en professeur résident et quelques invités pour des concerts et vous aurez ce disque comme résultat ! Heureux étudiants de l’époque !


Sonny Rollins and the Contemporary Leaders  (Contemporary M 3564)

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Sonny avait déjà enregistré Way Out West sur Contemporary. On le retrouve ici avec des musiciens typés “West Coast” : Hampton Hawes, Barney Kessel, Leroy Vinegar et Shelly Manne… Vous trouvez cela étrange ? Attendez de voir les titres : que des standards et le pire… C’est que ça marche !!!


1959


Sonny engage un retrait de la scène qui va durer jusqu’en 1962.

Ses fans pense qu’il s’est retiré pour expérimenter un nouveau jazz ; il faut dire qu’il y a de quoi s’interroger depuis les nouveau enregistrements de Trane (Giants Steps et Coltrane Jazz) et d’Ornette Coleman ( Change of the Century, This our Music etc.) nouvellement arrivé à New York. Quoiqu’il en soit, plus rien, hormis quelques enregistrements en concert :

Sonny Rollins Trio in Sweden 1959  (Ingo (It) nine)

Sonny Rollins Trio in Stockholm 1959 - St. Thomas  (Dragon (Swd) DRLP 73)

Sonny Rollins - Sonny Moon for Two  (Moon (It) MCD 015-2)

Sonny Rollins - Aix en Provence 1959  (Royal Jazz (D) RJD 520)

Sonny Rollins - Sixties Standards  (Bandstand (J) TKCB 70068 )




A suivre...

ze=3]1962[/size]

Sonny Rollins - The Bridge  (RCA Victor LPM 2527)

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Sonny revient après une longue absence et tout le monde se précipite sur “The Bridge”…

Déception ! Beaucoup attendaient un nouveau son, une réponse aux interpellations de Trane, Coleman et consorts et découvrent Sonny avec un trio, guitare, basse, batterie qui leur offre un autre très grand disque de jazz mais pas le « big bang » attendu…

Rollins a choisi le guitariste Jim Hall dont l’élégance contenue, la clarté du son et les improvisations permanentes se mêlent parfaitement avec le jeu rude, violent et ambitieux du ténor… C’est, AMHA, un des plus beaux enregistrements de sax qui soit… Fermez les yeux et vous êtes dans les rues de Brooklyn…

« The Bridge » fait probablement référence au « Williamsburg bridge » sur l’East River sous lequel Sonny avait l’habitude de jouer mais peut également s’interpréter comme le passage du hard bop vers d’autres contrées...

J’ai “The Bridge” en pressage français de 1962 (RCA 430 387) et j’en suis ravi puisqu’il s’agit d’un disque que passait souvent mon père, la passerelle a donc rempli son office…


Sonny Rollins - What's New?  (RCA Victor LPM 2572)

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Surpenant : un mélange de danse caraïbe et de bossa nova (c’est la mode !) alimente un jeu qui vous caresse le poil dans un mélange de fermeté et de langueur. Deux morceaux de choix ici : "Jungoso" et "Bluesongo". Toujours pas de piano mais pas de batterie non plus, remplacée par les congas et bongos de Candido Camero…


Sonny Rollins - Our Man in Jazz  (RCA Victor LPM 2612)

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Un disque live où Sonny emprunte deux membres de l’orchestre d’Ornette Coleman (Don Cherry, Billy Higgins) et s’essaye au « Free ». Bien que Sonny ne soit jamais aussi bon qu’en live, on le sent mal à l’aise…


1963


Gary Burton, Sonny Rollins, Clark Terry - 3 in Jazz  (RCA Victor LPM 2725)

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Egalement avec Cherry et Higgins. Sympa mais pas essentiel…



Sonny Rollins, Coleman Hawkins - Sonny Meets Hawk!  (RCA Victor LPM 2712)

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Un album qui a des allures de rencontre au sommet. Surtout dans ces cinq minutes et douze secondes que compte le premier titre, le standard "Yesterdays"... Hawkins, qui meurt six ans plus tard, en 1969, semble passer le flambeau à Sonny...


Sonny se ballade en Europe en 1963 et il existe pléthore d’enregistrements de ses concerts sur de petits labels (italiens pour la plupart et difficiles à trouver mais qui doivent exister en CD)

1964

Sonny Rollins - Now's the Time  (RCA Victor LPM 2927)

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Du beau travail, des compositions de cinq parmi les plus grands du jazz et des musiciens de première classe (dont Thad Jones et Herbie Hancock)…. D’où vient alors la frustration ? Après avoir successivement visité la bossa nova, le free et maintenant les classiques, que va bien pouvoir trouver Sonny ?


Sonny Rollins - The Standard  (RCA Victor LPM 3355)

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Avec des aller-et-venues de Jim Hall et Herbie Hancock… Pour les deux variations sur Travlin’ Light


1965


Commence alors  une période baptisée “les années Impulse ». En fait assez courte (1965-1966) et n’ayant produit que trois albums (plus un sans l’assentiment de Sonny, voir plus bas). Sonny a souhaité vraisemblablement bénéficier du même traitement que celui dont bénéficiait Trane à la même époque dans une compagnie plus dévouée au jazz qu’une major.


Sonny Rollins on Impulse!  (Impulse ! A 91)

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Avec Ray Bryant, Walter Booker et Mickey Roker, le passage sur Impulse fait oublier les prestations RCA. Encore 5 standards :"On Green Dolphin Street", "Everything Happens to Me", "Hold 'em Joe", "Blue Room", "Three Little Words" mais tout est changé, le ton est enfin trouvé… Appelez ça du Post Bop ou ce que vous voulez, c’est Sonny au top, tout simplement… Un des plus grands solos de sax de tous les temps sur « Three Little Words »…


Sonny Rollins - There Will Never Be Another You  (Impulse ! IA 9349)

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Ce truc n’est trouvable qu’en CD (Universal Japan). Il s’agit d’un enregistrement live au MOMA en 1965 mais écarté du fait de la mauvaise qualité de la prise de son. Il est sorti en 1978 mais fut très vite retiré du marché à la demande de Sonny.
Vous êtes prévenus !


Quelques références des concerts et tournées de l’époque :

Sonny Rollins Quintet in Europe  (Unique Jazz UJ 029)

Sonny Rollins Trio Live in Europe '65  (Magnetic (Luxe) MRCD 118 )

Ornette Coleman, Sonny Rollins - The Paris Concert '65  (Magnetic (Luxe) MRCD 121/22)

Sonny Rollins in Paris  (Jazzway (It) LLM 1501)


1966


Sonny Rollins - Alfie  (Impulse ! A 9111)

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La B.O. du film éponyme avec un excellent Michael Caine… qui a plus profité du film que Sonny lui-même malgré le fait que son solo sur « Alfie’s theme » soit devenu un classique.


Sonny Rollins - East Broadway Run Down  (Impulse ! A 9121)

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Avec le groupe de Trane : Freddie Hubbard (tr), Jimmy Garrison (bs) et Elvin Jones (dr).



La cohabitation de Trane et Sonny chez Impulse ! aura malheureusement peu duré.

Pour les allergiques au vinyle, il existe un CD reprenant les principaux titres (mais en quartet)

Sonny Rollins –The Impulse ! Story

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Va alors commencer une longue période sans enregistrements majeurs…

Tous les disques qui vont suivre sont faciles à trouver et peu chers



1972


Sonny Rollins' Next Album  (Milestone M 9042)

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Sonny Rollins, le retour. A l’exception de quelques concerts (au Danemark entre autres), personne n’a entendu Sonny depuis 1966 !

Et Sonny se devait de donner un album de rêve : c’est le cas avec Jack Dejohnette (dr), Bob Cranshaw (bs) et George Cables (Fender Rhodes). Ecoutez le funk de "Playin' In the Yard", le superbe solo sur "Poinciana.", un calypso magique "The Everywhere Calypso" (Sonny n’oublie pas ses origines !), un blues à la Trane "Keep Hold Of Yourself" et encore un superbe solo sur "Skylark".

Reconnaissons toutefois que la musique de Sonny n’est guère différente en 1972 de celle de 1965…


1973


Sonny Rollins - Horn Culture  (Milestone M 9051)

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Pour fan d’electric funk jazz surtout mais ça se laisse écouter


1974


Sonny Rollins - The Cutting Edge  (Milestone M 9059)

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La célèbre prestation de Sonny au Jazz Festival de Montreux devant un public en délire. Avec son groupe habituel de l’époque : Stanley Cowell (p), Masuo (g), Bob Cranshaw (elec bs), David Lee (dr) et le percussioniste Mtume sans oublier Rufus Harley à la …. Cornemuse ! (sur "Swing Low, Sweet Chariot."). Une fois de plus pour vérifier que Sonny n’est jamais aussi bon qu’en public et que seul un grand peut transformer des chansonnettes en jazz : "To a Wild Rose" et "A House Is Not a Home"


1975


Sonny Rollins - Nucleus  (Milestone M 9064)

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Massacré à sa sortie, Nucleus vaut tout de même mieux que bien des albums vénérés en 1975. Il faut dire que Sonny mélange Rn’B, riffs de rock et Debussy…On y trouve Bennie Maupin de Headhunters, Roy McCurdy du groupe de Cannonball, Mtume, Chuck Rainey etc.


1976


Sonny Rollins - The Way I Feel  (Milestone M 9074)

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A éviter. Malgré Lee Ritenour et Billy Cobham, tout ceci est daté…


1977


Sonny Rollins - Easy Living  (Milestone M 9080)

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Pour la reprise de "Isn't She Lovely" de Stevie Wonder et le son Rn’B de l’album


1978

Sonny Rollins - Don't Stop the Carnival  (Milestone M 55005)

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Sonny est toujours excellent en live mais ici il se dépasse sur trois morceaux : “Don't Stop the Carnival”, Siver city et Autumn nocturne…


1979


Sonny Rollins - Don't Ask  (Milestone M 9090)

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De beaux moments comme le duo avec Larry Coryell sur "The File" et "My Ideal.




A suivre…

Sonny Rollins suite et fin

Bon, je ne vais pas vous faire l’article pour les disques qui suivent : aucun n’est indispensable.

En revanche les deux derniers enregistrements de 2000 et 2005 (en CD) valent la peine d’être achetés


1980 Sonny Rollins - Love at First Sight  (Milestone M 9098 )

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sans oublier la présence de Sonny sur le Rolling Stones - Tattoo You  (Rolling Stones Records COC 16052)


1981 Sonny Rollins - No Problem  (Milestone M 9104)

1982 Sonny Rollins - Reel Life  (Milestone M 9108 )

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1983 Pat Metheny, Sonny Rollins - Dream Teams  (Bugsy BGS 034/2)

Sonny Rollins - The Meeting  (All of Us AS 40)

1984 Sonny Rollins - Sunny Days, Starry Nights  (Milestone M 9122)

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1985 Sonny Rollins - The Solo Album  (Milestone M 9137)

Sonny Rollins - Just Once  (Jazz Door (It) JD 12121)


1986 Sonny Rollins Plays G-Man  (Milestone M 9150)

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1987 Sonny Rollins - Dancing in the Dark  (Milestone M 9155)
  
1989 Sonny Rollins - Falling in Love with Jazz  (Milestone M 9179)
  

A partir de cette date, plus de vinyles mais des CD :

1991 Sonny Rollins - Here's to the People  (Milestone MCD 9194-2)

1993 Sonny Rollins - Old Flames  (Milestone MCD 9215-2)

1995 Sonny Rollins + 3  (Milestone MCD 9250-2)

1998 Sonny Rollins - Global Warming  (Milestone MCD 9280-2)


2000

Sonny Rollins - This Is What I Do  (Milestone MCD 9310-2)

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Avec Clifford Anderson (trombonne), Stephen Scott (piano), Jack DeJohnette ou Perry Wilson (bat) et Bob Cranshaw(basse). Rien de révolutionnaire, plutôt une continuité de bon aloi avec un calypso “Salvador”, quelques chansonnettes revisitées : "Sweet Leilani" "The Moon of Manakoora", un standard : "A Nightingale Sang in Berkeley Square" et un titre de Sonny lui même : "Did You See Harold Vick?" plutôt funky… L’un dans l’autre, le meilleur enregistrement de Sonny depuis vingt ans…



2005

Sonny Rollins - Without a song. Concert pour le 11septembre 2001

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Concert donné quatre jours après les évènements du World Trade Center. Pour la nette émotion qui se dégage
I'll play it and tell you what it is later... (Miles Davis)
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Alleuze
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #18 par Alleuze » 24 Oct 2010 à 09:57

TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS...TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS...TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS


Le Coin du Discophile /vol 6/ Charles Mingus



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Charles Mingus par Lee Friedlander


Bassiste, pianiste, compositeur et emm… de génie… Voilà qui résume Charles aka Charlie, Chazz, Mingus.

Irascible, susceptible, violent, capable du meilleur comme du pire (il revendique un passé de maquereau dans sa biographie de 1971 « beneath the underdog » , « moins qu’un chien » en français) il est également l’un des dix plus grands musiciens de jazz même si son influence a mis du temps a être acceptée, probablement du fait de ses nombreuses inimitiés… Il faut dire que le bonhomme était difficile à vivre ! ! !

Un seul site officiel, un peu sage, fait par sa femme Sue (une blanche ! Un comble pour Mingus qui, se sachant métis, en a rajouté dans la « black attitude »)

http://www.mingusmingusmingus.com/

Et le bouquin de sa femme justement pour rappeler qu’il avait des bons côtés…

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Son oeuvre enregistrée met davantage en évidence des qualités comme l'intensité, la spontanéité, la puissance de sa musique ainsi qu'une vision non conventionnelle du jazz tel qu'on le jouait dans les années 50 et 60.

Au-delà du contrebassiste prodigieux qu'il était, l'art de Mingus réside bien plus encore dans ses capacités à composer et à diriger des pièces musicales où le passé du jazz se mélange à ce qui sera son futur.

Bien que Mingus laisse suffisamment d'espace aux musiciens à qui il confie l'interprétation de ses visions, ses compositions sont denses, complexes, imprévisibles par leurs brusques variations de cadence ou de tempo et, si elles contiennent parfois de belles harmonies comme aurait pu les concevoir son mentor Ellington, elles sont souvent soumises à des déstructurations sauvages, des accélérations impromptues et peuvent même se résoudre en dissonances tout à fait avant-gardistes pour l'époque.


Né sur une base militaire à Nogales en Arizona en 1922 mais élevé dans le quartier noir de Watts à Los Angelès, il n’aurait écouté que de la musique d’église jusqu’à ce qu’il entende un air de Duke Ellington à la radio vers l’âge de huit ans. Dès lors sa carrière était tracée. C’est beau les légendes…

Ce qui est sûr, c’est qu’il a bénéficié d’une éducation musicale solide : cinq ans de pratique avec H Rheinshagen le contrebassiste principal du New York Philarmonic et l’étude de la composition musicale avec le légendaire Lloyd Reese. Il y a pire !

Mingus a commencé à se faire une réputation de contrebassiste hors-pair dans les années 40 en jouant et en enregistrant avec les orchestres de Barney Bigard (1942), Louis Armstrong (1943), Howard McGhee (1945 et 46), Lionel Hampton (1947 et 48 ) et  Red Norvo (1950 et 51)

1947-1948

Je vous suggère deux rééditions, faute de trouver les 78 tours d'époque comme celui-ci :

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Lionel Hampton - Hamp's Golden Favorites  (Decca DL 4296)

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Lionel Hampton and his Orchestra 1948  (Alamac 2419)

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1950

En 1950, le vibraphoniste Red Norvo, qui a joué dans les orchestres de Paul Whiteman et de Benny Goodman, monte un trio singulier et populaire avec le guitariste Tal Farlow et Mingus comme bassiste. Sur les vingt faces enregistrées par ce trio pour le label Savoy au cours des années 1950 et 1951, l'échange presque télépathique entre les musiciens est surprenant et le jeu de Mingus exceptionnel.

Ici aussi, inutile de chercher les 78 tours plutôt rares (Discovery 135) :

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The Red Norvo Trio  (RondoLette A 28 )

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The Red Norvo Trio "Move" (SAVOY MG 12088 )

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The Red Norvo Trio "Midnight" (SAVOY MG 12093)

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A défaut des originaux, vous devriez pouvoir trouver cette réédition :

The Red Norvo Trio  (Savoy SJL 2212)

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A suivre…

1951

Mingus poursuit avec Charlie Parker (1951 - 53), Duke Ellington (1953), J.J. Johnson (1954) et Miles Davis. Son niveau technique et ses idées bien arrêtées l'encouragent à placer la contrebasse sur un pied d'égalité avec les autres instruments, développant ce qu’on appellera plus tard "l'approche conversationnelle".

Charles Mingus - Vital Savage Horizons  (Alto AL 714)

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1952

Par ailleurs, Mingus qui se veut musicien indépendant et ambitieux, s'est associé au batteur Max Roach pour fonder le label Debut Records sur lequel seront édités ses œuvres de jeunesse et surtout le célèbre concert all-star de 1953 au Massey Hall de Toronto avec Charlie Parker (qui apparaît sous le nom de Charlie Chan !), Dizzy Gillespie, Bud Powell et Max Roach. La basse ayant malheureusement été masquée par la batterie lors de l'enregistrement de ce concert mémorable, Mingus la doublera en studio avant l'édition sur son label.


L'intégralité des enregistrements du label Debut a fait l'objet d'un coffret de 12 (pouark) CD comprenant 169 titres provenant de diverses sessions enregistrées pour la plupart entre 1951 et 1955 et du concert au Massey Hall : The Complete Debut Recordings (Debut, 1951 - 1958 ).


Mingus apparaît dans plus de 80 enregistrements sur cette période !  Je vous indique les plus intéressants AMHA :


Jazz Workshop - Autobiography in Jazz  (Debut DEB 198 )

The George Wallington Trios featuring Charles Mingus, Oscar Pettiford, Max Roach  (Prestige PR 7587)

Charlie Parker - Ballads and Birdland  (Klacto MG 101)

Charlie Parker - The Happy "Bird"  (Charlie Parker PLP 404)

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1953

Bud Powell - Inner Fires  (Elektra/Musician E1 60030)

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The Quintet - Jazz at Massey Hall  (Debut DEB 124) Original cher mais il existe une version OJC 044 encore abordable. Disque culte ! Obligatoire dans toute discothèque de jazz...

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The Bud Powell Trio  (Fantasy LP 6006)

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Miles Davis - Blue Haze  (Prestige PRLP 7054)

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The Magnificent Charlie Parker  (Clef MGC 646) Existe en réédition. On ne présente plus mais je reviendrais sur Parker...

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Bud Powell - Jazz at Massey Hall, Vol. 2  (Debut DLP3) Hors de prix, comme tout ce qui touche à Bud Powell. Cherchez la réédition sur Fantasy OJCCD 111-2

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Four Trombones, Vol. 1  (Debut DEB 126) Ici la version en cire rouge Fantasy LP 6005 :

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Oscar Pettiford - My Little Cello  (Royal Roost 546) Introuvable. Cherchez plutôt  Fantasy LP 6010

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1954

J.J. Johnson, Kai Winding - Jay and Kai  (Savoy MG 12010)

The Eminent J.J. Johnson, Vol. 1 & 2  (Blue Note BLP 1505 & 1506) Superbes disques, trouvables mais chers, environ 300 $ pour une bonne version ! J'ai le volume 2 mais je ne le vends pas !  ;)

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Il existe, heureusement, des rééditions japonaises :

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Je recommande vraiment ces deux disques...


Charles Mingus - Jazz Composers Workshop, #2  (Savoy MG 12059) Ici la réédition Byg 529 105

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Charles Mingus - Jazz Workshop  (Savoy SJL 1113)

The Jazz Experiments of Charles Mingus  (Bethlehem BCP 65)

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Charles Mingus, John LaPorta - Jazzical Moods  (Fantasy OJCCD 1857-2)

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1955


Miles Davis - Blue Moods  (Debut DEB 120)

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Charles Mingus - Mingus at the Bohemia  (Debut DEB 123)

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The Charles Mingus Quintet + Max Roach  (Debut DEB 139)

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A suivre...

Bon, puisque vous êtes sympas, je vous en remet une larme... Mais n'abusez pas !


1956

Il faut cependant attendre le 30 janvier 1956 pour que son génie de compositeur et de chef d'orchestre soit révélé au monde avec un disque controversé à l'époque et aujourd'hui considéré comme un des jalons du jazz : le fameux Pithecanthropus Erectus (Atlantic) enregistré en compagnie de J.R. Monterose au ténor, Jackie McLean à l'alto, Mal Waldron au piano et Willie Jones à la batterie.

Avec cette façon innovatrice d'utiliser les interactions entre ses musiciens sur de longues pièces multi-thématiques qui se jouent du temps, Mingus a trouvé la juste mesure, le parfait dosage entre ses multiples influences qui vont d'Ellington à Stravinsky, des antiques polyphonies aux symphonies modernes, du blues au gospel sans oublier la musique latinos : calypso, mambo etc.

Pithecantropus est vraiment  le disque de la révélation. Mingus joue les thèmes au piano et explique oralement aux musiciens l'ambiance et les séquences d'accords sur lesquels ils vont devoir improviser. Du coup, les solistes se sentent suffisamment à l'aise dans le cadre qui leur est imposé, ils deviennent créatifs et se faufilent sur la trame harmonique en apportant leurs idées et en respectant leur style propre.

Le tout est une indescriptible composition spontanée impossible à transcrire sur une partition classique et à rejouer deux fois de la même façon. L'essai est évidemment une totale réussite. En plus du titre éponyme qui est devenu la signature de Mingus, on se régale encore avec une superbe ballade intitulée Profile of Jackie qui est aussi un grand moment.

Charles Mingus - Pithecanthropus Erectus  (Atlantic 1237) Ce disque est un MUST. Il se trouve encore mais les prix montent...

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Et deux autres splendeurs de la même époque ou Mingus apparaît avec des pointures :

Metronome All Stars 1956  (Clef MGC 743)

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Quincy Jones - This Is How I Feel About Jazz  (ABC-Paramount ABC 149)

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1957

1957 marque le début d'une longue série de disques enregistrés pendant le reste de la décade pour différents labels et dont beaucoup sont des chefs d'œuvre : The Clown (Rhino / Atlantic, 1957), Tijuana Moods (1957, Bluebird RCA), East Coasting (1957, Bethlehem), Mingus in Wonderland (1959, Blue Note), Blues and Roots (1959, Rhino), Mingus Ah Um ainsi que Mingus Dynasty (1959, Columbia) et Mingus Revisited (1960, Emarcy).

Charles Mingus - The Clown  (Atlantic 1260)

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Charles Mingus - Tonight at Noon  (Atlantic SD 1416)

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Charles Mingus - Tijuana Moods  (RCA Victor LPM 2533)

Selon Mingus, Tijuana Moods est le meilleur disque qu'il ait jamais fait.
On peut en discuter mais il est clair que l'ambiance de fête de Tijuana, lieu de plaisir où Mingus était venu en virée pour oublier des déboires sentimentaux, a été une source d'inspiration bénéfique pour ce disque exceptionnel conçu comme une suite d'humeurs voire une bande originale de film.

Peu d'esprit latinos pourtant dans les 5 titres repris ici. Il y a bien des castagnettes et ce rythme de basse et de piano en forme de tango sur Ysabel's Table Dance ou le joli thème de Los Mariachis, emprunté aux musiciens mexicains ambulants, mais c'est là pour l'ambiance et pour évoquer le climat tropical à la base du concept de l'album. Le reste est bien du Mingus, c'est à dire une musique post-bop sans frontière aux harmonies riches et contrastées propulsant des cuivres aux idées foisonnantes. Jimmy Knepper est au trombone, Clarence Shaw à la trompette et Shafti Hadi au sax alto : trois musiciens autant responsables que Mingus de la qualité de cet enregistrement qui n'ont pas eu la reconnaissance qu'ils méritaient et qui sont ici poussés à donner le meilleur d'eux-mêmes.

Dizzy Moods, inspiré par les harmonies du Woody'n'You de Gillespie et composé dans la voiture qui filait sur Tijuana, est un très grand truc..

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East Coasting by Charles Mingus  (Bethlehem BCP 6019)

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Charles Mingus - A Modern Jazz Symposium of Music and Poetry  (Bethlehem BCP 6026)

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A suivre...

1958

Mingus a surtout fait des concerts cette année là. Un disque pour mémoire :

Billie Holiday - Easy to Remember  (Society SOC 1027)



1959

Charles Mingus - Jazz Portraits (Wonderland)  (United Artists UAJ 14005)

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Charles Mingus - Blues and Roots  (Atlantic 1305)

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Un retour aux sources de la musique noire américaine (New Orleans, Blues et Gospel) qui nous donne le disque le plus swinguant de Mingus. En compagnie de Pepper Adams au baryton, Booker Ervins au ténor, Jackie McLean et John Handy à l'alto et Jimmy Knepper au trombone pour les souffleurs, Horace Parlan au piano et Dannie Richmond à la batterie, Mingus prouve que sa musique, aussi moderne soit-elle, a des racines qui descendent au plus profond de l'histoire du jazz.

L'ambiance est à la fête et tout paraît improvisé (la session est réputée comme ayant été bordélique !). Quoiqu'il en soit, Mingus casse son image de musicien cérébral tout en défrichant, mine de rien, de nouvelles voies qu'emprunteront bien plus tard des musiciens comme Lester Bowie et son Brass Fantasy. Au moment où d'autres se cassent les dents sur le free jazz, c'est pas si mal !

A écouter en priorité : Wednesday Night Prayer Meeting et Moanin'.


Charles Mingus - Mingus Ah Um  (Columbia CS 8171)

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Le disque le plus célèbre de Mingus (et le plus accessible !) avec deux compositions devenues des standards : les célèbres Better Git It In Your Soul et Goodbye Pork Pie Hat. Le premier est un blues enlevé qui préfigure ce que l'on appellera plus tard le soul jazz et le second, également connu sous le nom de Theme for Lester Young, est un hommage au grand saxophoniste ténor et l'une de ses plus belles ballades.

Mais le reste est encore du plus haut niveau avec un Open Letter to Duke inspiré par Duke Ellington, un Bird Calls en hommage à Charlie Parker et un Jelly Roll à la mémoire de Jelly Roll Morton. Sans oublier Fables of Faubus : une de ses fameuses satires humoristiques et politiques, ici sur le Gouverneur ségrégationniste de l'Arkansas Orval Faubus. Ses musiciens fétiches comme les saxophonistes John Handy, Shafi Hadi, et Booker Ervin, le tromboniste Jimmy Knepper, le pianiste Horace Parlan, et le batteur Dannie Richmond sont de la partie.

Premier disque de Mingus pour Columbia, Ah Um se trouve en version "six eyes" encore abordable


Charles Mingus - Mingus Dynasty  (Columbia CS 8236)

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1960

Charles Mingus - Pre-Bird  (Mercury MG 20627)

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Charles Mingus - Mingus at Antibes  (Atlantic SD2-3001)

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Sans doute le plus beau disque live de Mingus : At Antibes (Atlantic). Enregistré le 13 juillet 1960 au festival de Juan Les Pins, le quartet sans piano de Mingus, (avec Eric Dolphy, Ted Curson et Dannie Richmond) augmenté pour l'occasion de Booker Ervin et, sur un titre, du pianiste Bud Powell alors installé en France, y interprète 5 compositions de Mingus (dont un superbe Better Get It in Your Soul) et une reprise de I'll Remember April avec une intensité et une liberté qui ouvrent toutes grandes les portes du jazz à venir.


Charles Mingus Presents Charles Mingus  (Candid CJM 8005)

Mingus, qui est incapable de rester longtemps dans une maison de disques, a sorti d'excellentes choses pour Candid, reprises ensuite dans la prestigieuse collection Mosaic

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Charles Mingus - Mingus  (Candid CJM 8021)

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Jazz Artists Guild - Newport Rebels  (Candid CJM 8022) Encore un "live" mémorable...

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The Complete Candid Recordings of Charles Mingus  (Mosaic MR4 111)

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Mingus suite...


1961

Après les glorieuses années 50, les années 60 apparaissent plus en retrait sur le plan musical. Si Oh Yeah enregistré pour Rhino en 1961 est encore un disque majeur sur lequel Mingus joue exclusivement du piano aux côtés de Booker Ervin, Jimmy Knepper et du fabuleux "Rahsaan" Roland Kirk, sa tentative d'enregistrer live en 1962 au Town Hall avec un grand orchestre est un fiasco...

Charles Mingus - Mingus Oh, Yeah!  (Atlantic SD 1377)

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1962

Charles Mingus - Thelonious Monk - John Coltrane - Eric Dolphy  (Europa Jazz (It) EJ 1013)

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Pressage italien assez rare


Duke Ellington - Money Jungle  (United Artists UAJ 15017)

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Sur Money Jungle, enregistré le 17 September 1962 pour le producteur Alan Douglas et United Artists, on peut entendre Mingus en trio avec Duke Ellington et Max Roach, une session rare et précieuse qui est l'un des fleurons du trio de piano. Ellington, entouré par deux musiciens plus modernes qui l'idolâtrent, y joue un jazz intemporel et rallie tout le monde autour d'un blues fondateur. Mingus, alors en froid avec le batteur Max Roach, est au bord de l'explosion et prêt à quitter le studio, ce qui explique peut-être la tension palpable qui se dégage de la session. (Regardez la photo du disque et la « gueule » que fait Mingus !) Quoi qu'il en soit, le jeu du contrebassiste est alerte, énergique (presque percussif) et mérite plus que jamais l'adjectif "conversationnel" qu'on lui attribue volontiers.

Disque INDISPENSABLE, plus facile à trouver sous l’étiquette Blue Note (BST 85129) que celle d’UA. Rencontre exceptionnelle de trois géants du jazz qui nous offrent une musique sublime parfois impressionniste ("Fleurette Africaine"), parfois moderniste et endiablée ("Money Jungle", "Caravan"), et le plus souvent irrésistiblement swinguante.


Charles Mingus - Town Hall Concert  (United Artists UAJ 15024)

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Confus et de plus mal enregistré. A oublier…  Mingus n’est pas plus heureux que Monk lorsqu’il veut se frotter au grand orchestre


1963

Mingus compose heureusement en 1963 des œuvres achevées, abouties qui donnent naissance aux magnifiques albums Impulse! que sont Mingus 5x et The Black Saint and The Sinner Lady.

Attention, ces disques ne sont pas faciles d’accès et peuvent rebuter des néophytes…  

Mingus plays piano est moins convaincant… Tous ces disques restent faciles à trouver en originaux (probablement du fait de leur difficulté d'accès. Mais comme ce sont d'ores et déjà des classiques, achetez les, ils vont monter ! Merci Alleuze  ;)  )…

Charles Mingus - The Black Saint and the Sinner Lady  (Impulse A 35)

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Sans doute le disque le plus émotionnel de la discographie de Mingus et son chef d'œuvre orchestral, The Black Saint est une œuvre de fusion dans tous les sens du terme. Du swing Ellingtonien au flamenco, de la douceur à l'explosion exacerbée, cette longue suite explore un océan d'ambiances et de couleurs d'où émergent avec panache le trombone de Quentin Jackson et le sax alto de Charlie Mariano. Mingus est aux commandes, peaufinant son disque par d'innombrables ré-enregistrements et utilisant tous les moyens techniques du studio pour créer un amalgame unique...


Charles Mingus - Five Mingus  (Impulse A 54)

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5 fois Mingus ! Comme pour rappeler son omniprésence sur cette ligne de basse souvent agressive pour relancer une section de cuivres des plus acharnées sur des thèmes du leader et qui n'altère en rien la beauté intrinsèque des compositions. Le profond travail dans l'interprétation des sections, aussi bien des saxophones que des cuivres, rend compte de l'attachement de Mingus pour une musique expressivement démesurée, et en même temps un profond respect pour le jazz. Ainsi l'interprétation presque religieuse du "Mood Indigo" d'Ellington.

Quelques pointures sont présentes ici : Eric Dolphy, Booker Ervin, Jaki Byard, Charles Mariano pour les plus connues. Issus de deux sessions (20 janvier et 20 septembre 1963) les 8 titres, tous superbes, sont joués par une formation de 10 musiciens. Puissance, énergie, recueillement, tendresse, violence, tout se mêle dans la musique de Mingus. Musique de contraste dans laquelle se mêlent les contraires. Une mention particulière pour "I X love" (magnifique solo d'Eric Dolphy), "Better git hit in Yo' soul" et "Theme for Lester Young" (Goodbye Pork Pie Hat).


Charles Mingus - Mingus Plays Piano  (Impulse A 60)

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Bon, Mingus n’est pas un pianiste virtuose mais ce n’est pas le propos. Il s’agit ici d’entendre une musique imprégnée par le blues et qui s'écoule avec naturel ; on la reçoit simplement, comme si son langage pourtant sophistiqué était d'une évidence et d'une familiarité éternelles.


A suivre...

Mingus suite et fin

1964

Cette décade est également celle des nombreuses tournées en Europe où seront enregistrés une multitude de disques live (in Stockholm, in Oslo, In Copenhagen, in Paris, in Europe, In Stuttgart, At Monterey ….), parfois officiels, parfois non (les fameux « bootlegs »).

On en retiendra les deux volumes Mingus In Europe du label Enja, enregistrés live en Allemagne le 26 avril 1964, ainsi que les trois LP de Prestige enregistrés live à Paris quelques jours auparavant et intitulés The Great Concert of Charles Mingus (1964). Mingus y est à la tête d'un fabuleux sextet (réduit ici à un quintet par suite de la défection du trompettiste Johnny Coles tombé malade) avec Dannie Richmond, Clifford Jordan au ténor, Jaki Byard au piano et Eric Dolphy qui restera en Europe après la tournée et décèdera en Allemagne peu de temps après. Miné par des ennuis de toute sorte, Mingus quitte pratiquement la scène musicale à partir de 1966.

Charles Mingus - Mingus in Europe, Vol. 1  (Enja ENJ 3049)

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Charles Mingus - Mingus in Europe, Vol. 2  (Enja ENJ 3077)

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Charles Mingus – The Great Concert of Charles Mingus  (Prestige/America 30 AM 003 )

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Charles Mingus - Mingus at Monterey  (Mingus JWS 001/02)

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1970

Après l'éclipse de la fin des sixties, les années 70 peuvent être vues comme un comeback avec des disques importants comme Let My Children Hear Music (Columbia, 1971), Mingus Moves (Atlantic / Rhino, 1973), Mingus at Carnegie Hall (Atlantic, 1974), et surtout les deux meilleurs albums de cette période : Changes One et Changes Two (Atlantic / Rhino, 1974). Enregistrés en quintet avec George Adams (ts), Jack Walrath (tp), Don Pullen (p) et Dannie Richmond (dr), les "Changes" témoignent de l'extraordinaire ouverture d'esprit du leader et comptent assurément parmi ce qu'il a produit de meilleur en petite formation.

Charles Mingus - Blue Bird  (America 30 AM 6110)

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1971

Charles Mingus - Let My Children Hear Music  (Columbia KC 31039)

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1972

Charles Mingus and Friends in Concert  (Columbia KG 31614)

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1973

Charles Mingus - Mingus Moves  (Atlantic SD 1653)

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1974

Charles Mingus - Mingus at Carnegie Hall  (Atlantic SD 1667)

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Charles Mingus - Changes One  (Atlantic SD 1677)

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Charles Mingus - Changes Two  (Atlantic SD 1678 )

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1977

Atteint d'une maladie rare (Sclérose Latérale Amyotrophique), Mingus est progressivement paralysé à partir de 1977 et, dans l'incapacité de jouer ou d'écrire, il en est réduit à fredonner ses dernières compositions dans un enregistreur. Après une collaboration avec la chanteuse Joni Mitchell (il en résultera un album posthume controversé intitulé Mingus, enregistré avec Wayne Shorter, Herbie Hancock et Jaco Pastorius) et une reconnaissance tardive par le Président Jimmy Carter en juin 1978, Mingus âgé de 56 ans s'éteindra à Cuernavaca au Mexique le 5 janvier 1979

Aucun des disques suivants n’est indispensable :

Charles Mingus - Three or Four Shades of Blues  (Atlantic SD 1700)

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Charles Mingus - Cumbia and Jazz Fusion  (Atlantic SD 8801)

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Lionel Hampton Presents the Music of Charles Mingus  (Who's Who in Jazz WWLP 21005)

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1978

Enregistrés une année avant sa mort, ces deux disques manquent de tonus : Mingus, atteint de paralysie, ne joue plus et, manifestement, le fait qu'il supervise la session ne suffit pas à insuffler l'énergie à laquelle on est habitué.

Charles Mingus - Me, Myself an Eye  (Atlantic SD 8803)

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Charles Mingus - Something Like a Bird  (Atlantic SD 8805)

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Dernière édition par Alleuze le 24 Oct 2010 à 10:00, édité 1 fois.
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #19 par Alleuze » 24 Oct 2010 à 09:59

TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS...TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS...TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS



Le Coin du Discophile/Tome 7/Charlie Parker

Bon, faudrait tout de même voir à traiter les pères fondateurs m’ont dit certains grincheux du forum (il y’en a !) aussi m’exécuté-je….



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Bird et Miles au "Deuces" en 1945 (par W.P.Gottlieb)




Le site officiel :

http://www.cmgworldwide.com/music/parker/index.php


Né à Kansas City le 29 août 1920, Charles Christopher Parker, est surnommé familièrement Yardbird, ou Bird, à cause de son inclination culinaire pour le poulet (l’anecdote veut que le surnom lui fut donné lors d’une tournée avec Jay Mc Shann, la voiture de l’orchestre ayant écrasé un poulet « a yardbird », Parker aurait demandé l’arrêt du véhicule afin de récupérer l’animal pour le faire préparer par sa logeuse…)

Alors qu’il était enfant, sa famille s’installa à Kansas City dans le Missouri, terre du gospel, du blues et du jazz. Son premier contact avec la musique date de l’école (ça change du temple !) où il joue du tuba ( !) dans l’orchestre de celle-ci. Il apprend le sax à 11 ans et obtient un emploi dans la formation du pianiste B. Channings à 15 ans.

Quelques mois plus tard, au Reno Club à côté de chez lui, c'est un tout jeune musicien qui vient se frotter aux grandes gloires de passage. Et justement, un soir, en 1937, il y a l'orchestre de Count Basie…  Parker veut trop bien faire : il s'aventure dans un no man's land d'accords, rate une phrase, s'empêtre dans la mesure, finit par se trouver complètement décalé, tandis que le batteur Jo Jones cingle sa caisse claire tel un diable courroucé. Soudain, une cymbale vole à travers la scène. Jo l'a décrochée et jetée en direction de Charlie, aux pieds duquel elle atterrit dans un abominable fracas. Humilié, Parker part en disant: “Je reviendrai... et je leur clouerai le bec.” Quelques mois plus tard, il réapparaît. Il a acquis une sonorité différente: à la fois frêle et éthérée, ample et musclée…

A ce propos, l’anecdote est traitée dans « Bird » le superbe film de Clint Eastwood que je ne saurais trop vous recommander…


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1938-1944

En 1938, il a 18 ans, Parker rejoint l’orchestre du pianiste Jay Mc Shann avec qui il part en tournée. En 1939, Parker joue régulièrement sur un club de la 55ème rue de Chicago puis part s’installer à New York et se fait engager pour faire la vaisselle dans une boite que fréquentait Art Tatum afin de  rencontrer ce dernier

Bird enregistre ses premiers titres pour le label Decca en tant que membre de l'orchestre de Jay Mc Shann, le 30 novembre 1940. Le répertoire de ce dernier est fortement marqué par le blues mais Parker y joue un rôle clé. C'est « Confessin' The Blues », enregistré à Dallas le 30 avril 1941, qui fait le succès de l'orchestre mais c'est sa face B, « Hootie Blues », qui fera connaître le talent de l'altiste. Et déjà apparaissent les premiers signes d'un individualisme qui va rapidement susciter l'intérêt des musiciens de l'avant-garde new-yorkaise (on notera dans l'introduction de « Jumpin' Blues », une ligne musicale qui sera développée plus tard sous le nom d'Ornithology).

En 1942, à côté de ses prestations avec McShann, Parker joue régulièrement au Minton's Playhouse (où Monk l’a introduit) où s'invente le be-bop. C’est là que Bird se fait connaître parmi un paquet de pointures dont Monk déjà nommé, Kenny Clarke, Dizzy Gillespie et Charlie Christian entre autres. C'est dans cette atmosphère urgente d'amarres larguées et de paysages neufs que se crée, contre le show-business des grands orchestres et du « swing » la première révolution de la musique noire américaine. Surgissent des gammes par tons, des accords de passage qui infiltrent des compositions nouvelles ou qui permettent la reprise et la réécriture de thèmes anciens. Pour Bird et Diz, la complication de certains thèmes se justifie aussi par un élitisme stratégique : pour porter au flanc de l'ancienne école, le be-bop a besoin de musiciens aguerris, infaillibles. Lorsque des apprentis boppers montent sur la scène du Minton’s, ils se mettent à jouer Hot House ou Anthropology, pour éprouver les imprudents…

Ecoutez Hank Jones : « «Je rentre dans un club obscur de Harlem, en 1944, et je vois ce jeune alto absolument génial, improviser sans prendre le temps de respirer. Il avait démarré la mélodie d'un standard connu, How High the Moon, et s'en était éloigné à tel point qu'on ne la reconnaissait plus. J'avais déjà joué du be-bop, mais Bird y apportait une dimension supplémentaire. Il ne gardait que les accords de la chanson, pour en restituer une autre totalement inédite. Il forgea un nouveau répertoire à partir des grands classiques: How High the Moon, transfiguré par ses improvisations, prit le nom d'Ornithology, Cherokee devint Koko... »

Malheureusement, , ne survit de cette époque pratiquement aucun témoignage hormis quelques enregistrements de mauvaise qualité réalisés par des amateurs. Ainsi, son passage chez Earl Hines (durant huit mois à partir de fin 1942 avec Sarah Vaughan !) coïncide t’il avec une grève des enregistrements du syndicat des musiciens ( !) et il faut attendre le 15 septembre 1944 pour retrouver Parker en studio au sein de l'orchestre de l'ancien guitariste d'Art Tatum : Tiny Grimes. Les disques passeront presque inaperçus.

Jay McShann - The Early Bird Charlie Parker, 1941-1943: Jazz Heritage Series  (MCA 1338 )

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Outre le célèbre Confessin' The Blues, on retrouve dans ce disque la face B Hootie Blues ainsi que d'autres titres sur lesquels Parker prend ses premiers solos comme Jumpin' Blues ou Sepian Bounce.


Charlie Parker with Jay McShann and his Orchestra  (Stash STCD 542)

Charlie Parker - The Complete Birth of the Bebop  (Stash STCD 535)

Bon, ce sont des (pouark) CD mais c’est (paraît-il) audible, le second étant composé à partir d’enregistrements amateurs au Minton de l’époque (nettoyés of course)



A suivre…


1945 - 1946

Au cours de ces deux années, Parker enregistre abondamment au sein de groupes dirigés par Dizzy Gillespie, Red Norvo, Clyde Hart, Sir Charles Thompson, Slim Gaillard, Sarah Vaughan, et, aussi, sous son propre nom en compagnie du jeune Miles Davis à la trompette.

Si vous trouvez ce genre de choses, n’hésitez pas !

Slim Gaillard Majestic 9001

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C'est le 28 février 1945 que sont fixés les premiers vrais témoignages du be-bop enregistré par le Dizzy Gillespie Sextet. Ainsi débute le temps des Groovin' High et autres Salt Peanuts avec leurs tempos rapides et les extraordinaires jeux à l'unisson de Gillespie (tp) et de Parker, celui des thèmes célèbres comme Koko ou Anthropology sur lesquels Parker impose un nouveau genre de solo aux phrases insolites, complexes, virevoltantes.

Dizzy Gillespie Lover man, Shaw nuff (Guild 1002)

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C'est le 26 novembre 1945 que Bird effectue pour le label Savoy ses premiers enregistrements en solo sous le nom de Charlie Parker's Ree Boppers avec Miles Davis (tp), Argonne Thornton (Sadik Hakim - p), Curley Russel (b), Max Roach (dr), mais aussi Gillespie, venu clandestinement à cause d'un contrat d'exclusivité avec Musicraft, et qui remplace Davis sur les tempos les plus rapides : il faut écouter les blues audacieux comme Billie's Bounce et Now's The Time pour comprendre combien Parker a évolué depuis Hootie's Blues. Sur Ko-Ko, emmené par la batterie fracassante de Max Roach, Parker prend deux incroyables chorus encadrés par les dialogues entre l'alto et la trompette de Gillespie.

Ces enregistrements peuvent encore se trouver en 78 RPM :

Charlie Parker  Charlie Parker All Stars (Savoy 936)

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Charlie Parker Charlie Parker Quintette (Savoy 961)

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Mais il est plus facile (mais plus cher !) de se procurer les 33 RPM :

Charlie Parker  New Sound in Modern Music Vol 1 (Savoy MG 9000)

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Charlie Parker  New Sound in Modern Music Vol 2 (Savoy MG 9001)

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A ce moment là , Parker et Gillespie se voient offrir un engagement chez Billy Berg's à Hollywood. Une fois terminé, Parker reste à Los Angeles, travaille avec l’orchestre d’Howard Mc Ghee, enregistre le célèbre concert J.A.T.P. avec Lester Young et signe un contrat avec Dial à peine un mois après avoir signé celui avec Savoy ! (Pas facile pour s’y retrouver avec les disques !)


Le disquaire de jazz et amateur de be-bop Ross Russell vient effectivement de créer son propre label : Dial. Après plusieurs tentatives (dont il reste Diggin' Diz fixé le 7 février 1946 par les Dizzy Gillespie Jazzmen), la première vraie session pour Dial a lieu le 28 mars 1946 sous le nom de Charlie Parker Septet, avec notamment Miles Davis, Lucky Thompson (ts) et Dodo Marmarosa (p) : Ornithology devient un classique du be-bop tandis que sur une version de Night In Tunisia, malheureusement incomplète, Parker enregistre le plus célèbre break de l'histoire du jazz à la suite d’un plantage de Miles Davis

Le 29 juillet 1946, Bird s'effondre au cours d'une session, pendant laquelle il réussit à force de volonté à terminer de manière plus ou moins cohérente son solo sur Lover Man, qu'il ne pardonnera jamais à Ross Russell d'avoir publiée mais qui constitue un témoignage particulièrement émouvant…

Charlie Parker Charlie Parker (Dial 201)

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Inutile de dire que ce disque est une rareté et vaut son pesant de cacahuètes (1 350 $ encore récemment sur Ebay)

Plus facile à trouver (quoique) le concert avec Lester Young (Parker y délivre une interprétation personnelle de Lady Be Good qui entrera dans la légende)  :

Charlie Parker Jazz at the Philarmonic (ici une réédition de 1953 sur Clef)

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Deux compilations assez complètes existent sur le label espagnol Blue Moon :

Charlie Parker : The Complete 1944 - 1948 Small Group Sessions Vol. 1 : 1944 - 1945 (Blue Moon).

Comprend les titres enregistrés par le Tiny Grimes Quintet en 1944, le Clyde Hart's All Stars en 1945 (beaucoup plus blues), le Red Norvo Sextet, Sarah Vaughan, et les premières face du be-bop fixées par les Dizzy Gillespie Sextet et Quintet. Ce disque a l'avantage de ne présenter que les masters enregistrés en studio en excluant toute prise alternative.
  
Charlie Parker : The Complete 1944 - 1948 Small Group Sessions Vol. 2 : 1945 - 1946 (Blue Moon).

Ce second volume complète d'une manière chronologique la liste des enregistrements en studio fixés par Parker, en petite formation, pendant la période considérée. Sont ainsi inclus le reste des titres du Red Norvo Sextet et ceux du Sir Charles Thompson And His All Stars, les premières faces de Charlie Parker sous son propre nom (C. P.'s Ree Boppers), celles avec Slim Gaillard, Diggin' Diz fixé par les Dizzy Gillespie Jazzmen, et la première séance pour Dial du 28 mars 46. L'album se termine avec le fameux Lover Man extrait de la dernière session studio.
  




A suivre….

1947 - 1948

A cause de son internement à l'hôpital psychiatrique de Camarillo, à 100 km au Nord de Los Angeles (après une dépression nerveuse en juin 1946), il faut attendre février 1947 pour le retrouver en studio pour le label Dial avec lequel il a signé un nouveau contrat. Cool Blues, fixé le 19 février 1947 recevra l'année suivante, en France, le grand prix du Disque.

Charlie Parker-Charlie Parker (Dial 202)

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Le 26 du même mois, il enregistre Relaxin' At Camarillo avec Howard McGhee à la trompette.

Charlie Parker-Charlie Parker (Dial 1012)

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De retour à New York, il s'entoure d'un quintette de rêve avec Miles Davis, Bud Powell (p), Tommy Potter (b) et Max Roach pour une nouvelle session en studio, le 8 mai 1947, pour le label Savoy.

Charlie Parker-New sound in Music Vol 3 (Savoy MG 9010)

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Miles Davis voit Parker sous son vrai jour. En effet, Bird peut jouer magnifiquement, mais tout aussi lamentablement, et cela en relation évidente avec la dose de psychotropes qu'il vient de s'administrer. Parker est incontrôlable, imprévisible et, pour tout dire, impossible à vivre. Miles s'accroche néanmoins et tient pendant quelque temps le groupe à bout de bras avant de prendre de la distance non sans une dernière séance studio mais en tant que leader du «  Miles Davis All Stars » le 14 août 1947….

Miles Davis All Stars (Savoy 951 78 RPM)

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Pour l’instant, le cool n’a pas encore tué le be bop et Parker, en compagnie d'un groupe enfin stable organisé autour de Davis, Potter, Roach et Duke Jordan (p), va réaliser, pour Dial, ses plus beaux enregistrements en octobre, novembre, et la dernière sur ce label, le 17 décembre 1947 : Embraceable You, Don't Blame Me, Scrapple From The Apple, Crazeology appartiennent ainsi à une période d'intense créativité comme il y en a peu dans l'histoire du jazz, au même titre que le Hot Five d'Armstrong ou le quintet Davis/Coltrane.

Charlie Parker-Charlie Parker (Dial 203)

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Charlie Parker-Charlie Parker (Dial 207)

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Comptez de 200 à 700 $ en fonction de l'état pour un Dial original. Quand on aime....


Signalons également un concert au « Carnegie Hall » de New York, le 29 Septembre 1947 avec  Dizzy Gillespie (tp) Charlie Parker (as) John Lewis (p) Al McKibbon (b) Joe Harris (d)

Dizzy Gillespie - Diz ‘n’ Bird (Roost 2234)

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Les 18 et 24 septembre 1948, c'est l'aventure Savoy qui se termine à son tour avec l'enregistrement par le Charlie Parker All Stars de huit faces, dont le magnifique Parker's Mood avec John Lewis au piano.

Charlie Parker-New sound in Music Vol 4 (Savoy MG 9011)

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En novembre 1948, Parker signe avec le label Mercury, filiale de la MGM, dont le département jazz est dirigé par Norman Granz (qui possède son propre label Clef, distribué par Mercury).


Signalons enfin diverses sessions au « Royal Roost », toujours à New York qui s’étalent de septembre 1948 à mars 1949 et qui sortiront en 1977 sur Savoy (2 LP)

Charlie Parker-Bird at the Roost (Savoy SJL 1108 )

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Méfiez vous des nombreuses compilations sorties sur Bird, beaucoup comptent des prises alternatives, des redites etc. et n’intéressent que les spécialistes (et encore !)

Je vous recommande :

L’intégrale des sessions Dial sur Spotlite 101 à 106

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Les quatre enregistrements pour Savoy ressortis après 1955 :

Charlie Parker-Memorial vol 1 (Savoy MG 12000)

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Charlie Parker-Memorial vol 2 (Savoy MG 12009)

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Charlie Parker-Immortal Charlie Parker (Savoy MG 12001)

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Charlie Parker-The genius of Charlie Parker (Savoy MG 12014)

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Et en plus récent, les Blue Moon espagnols déjà cités :

Charlie Parker : The Complete 1944 - 1948 Small Group Sessions Vol. 3 : 1947 (Blue Moon).

Les deux titres restant de la session avant l'internement à Camarillo plus les enregistrements en studio des combos de Parker pour l'année 1947. Les faces Dial et Savoy sont incluses par ordre chronologique y compris la session du Miles Davis All Stars du 14 août 47. Le disque se termine avec Embraceable You, dernier titre de la session enregistrée par le Charlie Parker Quintet le 28 septembre 1947.
  
Charlie Parker : The Complete 1944 - 1948 Small Group Sessions Vol. 4 : 1947 - 1948 (Blue Moon).

La suite du précédent à partir de la session Dial du 4 novembre 47 jusqu'à la dernière session pour Savoy fixée le 24 septembre 1948.


A suivre…

Charlie Parker suite et fin...

1949 - 1955

La dernière période discographique de Parker appartient essentiellement au label Verve (qui a incorporé le catalogue de Mercury et Clef). Elle est parsemée de nombreuses sessions en studio d'un intérêt majeur même si elles n'ont plus l'impact original des séances Dial et Savoy.

C'est aussi le temps des voyages en Europe, en mai 1949 d'abord, pour un engagement au Festival international de jazz de Paris (il y rencontre Boris Vian, Jean-Paul Sartre et André Hodeir), en novembre 1950 ensuite, pour des concerts en Suède et au Danemark, à l'automne 1951 enfin, pour une tournée JATP en Allemagne et en Belgique.

Charlie Parker in Sweden (Alamac)

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Charlie parker in Sweden (Rare petit label suédois Sonet SLP 27)

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On retiendra les enregistrements avec cordes conçus avant tout pour plaire (mais désirés par Bird), dont le célèbre thème Just Friends, et ceux enregistrés dans le style afro-cubain, notamment avec l'orchestre de Machito.

Charlie Parker With Strings  (Mercury MG-C501)

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Charlie Parker- South Of The Border (Mercury, ici un 78 RPM repris sur « Fiesta » Verve MGV-8008 )

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De la même époque :

Charlie Parker-Charlie Parker Big Band (Clef MG 609 ressorti sur Verve MGV-8003 « Night and Day »)

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Le 6 juin 1950, Parker, qui retrouve pour la dernière fois en studio Gillespie, enregistre avec Thelonious Monk (p), Curley Russell (b) et Buddy Rich (dr) : Relaxin' With Lee, Mohawk, An Oscar For Treadwell, Leap Frog, My Melancholy Baby et surtout Bloomdido, sont à compter parmi les plus belles faces de Bird.

Charlie Parker And Dizzy Gillespie : Bird And Diz (Mercury MG-C 512, ressorti sur Verve MGV- 8006)

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Le 17 janvier 1951, en compagnie de Miles Davis, Roach, Walter Bishop (p) et Teddy Kotick (b), Parker enregistre sous son nom 4 titres magnifiques dont Au Private qui devient un thème phare du be-bop.

Charlie Parker - The Magnificent Charlie Parker ( Clef MGC 646)

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Un concert dans sa ville natale au Municipal Arena de Kansas City, le 22 juillet 1951…

Bird with the herd (Alamac QSR 2442)

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Le 8 août 1951, il réenregistre Lover Man avec Red Rodney (tp), John Lewis (p), Ray Brown (b) et Kenny Clarke (dr), espérant ainsi faire oublier celle fixée avant son internement à Camarillo.

Début juin 1952, il participe aux fameuses Norman Granz Studio Jams avec Benny Carter (as), Johnny Hodges (as), Ben Webster (ts), Barney Kessel (gt), et Oscar Peterson (p).

Norman Granz Jam Session vol 1 (Verve V-8049)

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Le 30 janvier 1953, il enregistre au WOR Studios de New york  avec Miles Davis (tp), Sonny Rollins (ts) Walter Bishop Jr. (p) Percy Heath (b) Philly Joe Jones (d)

Miles Davis - Collector's Items  (Prestige PRLP 7044)

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Rappelons également le mythique concert à Toronto au Massey Hall le 15 mai 1953, sorti sur le label Debut de Mingus où Parker apparaît sous le nom de Charlie Chan ( !)

Jazz at Massey Hall ( Debut 124)

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Parker entre pour la dernière fois en studio en mars et en décembre 1954 : les morceaux choisis constituent un hommage à Cole Porter.

Charlie Parker- Charlie Parker plays Cole Porter (Verve MGV 8007)

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Le 12 mars 1955, il décède dans son fauteuil en regardant Tommy Dorsey à la télévision. Le médecin légiste qui l'examina estima son âge à 60 ans : il en avait 34.


Il existe bien sûr une intégrale des enregistrements pour Verve…

Charlie Parker on Verve 1946-1954

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Mais il est également possible de trouver les rééditions Verve d’après 1955


MGV 8000  The Charlie Parker Story, vol 1

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MGV 8001  The Charlie Parker Story, vol 2
MGV 8002  The Charlie Parker Story, vol 3
MGV 8003  The Genius of Charlie Parker, #1 - Night and Day

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MGV 8004  The Genius of Charlie Parker, #2 - April in Paris
MGV 8005  The Genius of Charlie Parker, #3 - Now's the Time

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MGV 8006  The Genius of Charlie Parker, #4 - Bird and Diz

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MGV 8007  The Genius of Charlie Parker, #5 - Charlie Parker Plays Cole Porter (voir plus haut)
MGV 8008  The Genius of Charlie Parker, #6 - Fiesta
MGV 8009  The Genius of Charlie Parker, #7 - Jazz Perennial
MGV 8010  The Genius of Charlie Parker, #8 - Swedish Schnapps
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Alleuze
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Re: Le Coin du Discophile Jazz

Message #20 par Alleuze » 24 Oct 2010 à 10:05

TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS...TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS...TRAVAUX EN COURS SOYEZ PATIENTS



Le Coin du Discophile/Vol 8/Lester Young


“First time I heard Charlie Parker, he sounded like Prez ; in fact, the first records that Jay McShann made, Parker sounded like Prez…” Howard McGhee


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Lester Young fait partie de ces musiciens dont le style tout à fait personnel a suscité une révolution dans l'esthétique du jazz. C'est en effet par sa « totale décontraction dans l'acte de sa création spontanée » que Young inspirera le style cool (en opposition à celui de Coleman Hawkins) qu'adopteront bon nombre de saxophonistes dont Stan Getz, Lee Konitz, Paul Quinichette, Wayne Marsh, et qui deviendra un véritable mouvement, au début des années 50, principalement avec Miles Davis.

Surnommé « Pres », (ou « Prez » pour le président) par la chanteuse Billie Holiday (qu’il baptisa Lady Day, il appelait tout le monde Lady..) Lester Young était un personnage excentrique, solitaire, instable, blessé très jeune par la vie, que le critique de jazz Alain Gerber décrit ainsi dans sa biographie éponyme : « Dans les jams de Kansas City, le message du Pres n'était pas toujours déchiffré, mais il passait. Il passait en force. L'envoyeur ne l'avait pas glissé dans une bouteille à la mer, mais accroché à une torpille. Dénommé swing par les meilleurs experts. On pouvait constater ce que disait Lester: on ne résistait pas à sa façon de le dire. "Jamais je n'ai rencontré personne qui pût swinguer comme lui, soulignait Buck Clayton. Son aptitude à négocier les accords tenait du prodige; combinée au sens du rythme qui était le sien, elle n'eut jamais d'égale. "Le sens du rythme", pense t'on, exercerait une sorte de pouvoir vaudou. D'où émanerait cette loi occulte: qui obéit au tempo se rend maître du Temps. »

Il est né dans le sud profond (Woodville Mississipi le 27 aout 1909) au sein d’une société bigote et hostile ce qui le marquera pour le restant de ses jours. Mais il n’est pas né dans la misère, loin de là. Son père est un musicien accompli et cultivé et qui s’en sort très bien. Après avoir joué dès son enfance de la batterie dans l'orchestre de son père, Young apprend le saxophone alto pour finalement lui préférer le ténor.

Comme tant d'autres de ses confères, il fera ensuite la tournée des orchestres : Bennie Moten, Walter Page et ses Blue Devils, George Lee, King Oliver, Fletcher Henderson, Andy Kirk, Johnny Guarnieri etc. avant d'être engagé en 1936 par Count Basie auprès duquel il connaîtra ses premières heure de gloire avec quelques-uns de ses plus beaux solos dans Jumpin' at the Woodside, One O'Clock Jump, Roseland Shuffle, Swinging the Blues…


Avant Basie avec Johnny Guarnieri en 78 RPM (Savoy 511)

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A trouver (avec d'autres) sur :

Lester Young-Master takes (Savoy SJL 113)

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Count Basie-The Complete Decca Recordings (Decca).

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Lester Young- Pres (Charlie Parker PLP 402)

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Je vous préviens, la qualité d’enregistrement n’est pas terrible (1936) mais si vous ne me croyez pas lorsque je vous dit que Lester joue du be bop avec dix ans d’avance, allez y écouter par vous-même !




A suivre...

1937

Arrivé à un moment critique de sa vie, marqué par la séparation avec sa première femme, il rencontre Billie Holiday. Dans le petit appartement que la mère de Billie loue à Lester, une relation unique s'installe entre lui et la chanteuse... Billie s’ingénie à chanter comme un sax et Lester fait ressembler son instrument à une voix. Billie raconte dans "Lady Sings The Blues" que Lester s'était tout de suite rendu compte à quel point elle adorait le voir prendre ses fantastiques solos derrière elle. C'est ainsi qu'il avait pris l'habitude dès qu'il le pouvait, de la rejoindre dans les boîtes ou elle passait pour l'écouter et se joindre à l'orchestre. C'est à cette époque de parfaite complémentarité (1937-1941), qu'ayant mesuré à quel point leur complicité artistique pouvait être féconde, Billie déclara qu'elle ne voulait plus faire un disque si Lester n'était pas dans le coup…

Teddy Wilson orchestra (Brunswick B21120)

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Faute de trouver les 78 RPM sur Okeh, Brunswick et Vocalion, commencez par écouter de Billie et Pres : “The Man I Love” (1939) et “All of Me” (1941) sur le coffret de 2 (pouark) CD avec la présentation de Gerber… Il y a même depuis 2005, un coffret de 3 (pouark) CD qui va jusqu’en 1946 et qui constitue ce qu’il y a de plus complet aujourd’hui…

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1938

Lester participe à des concerts au Carnegie Hall organisés par John Hammond et joue occasionnellement avec Charlie Christian. C'est la période des fameux « Cutting Contests » entre Lester et Chu Berry, superbe avec son nouvel instrument doré : le jeune Pres y laisse littéralement sur place son glorieux confrère, improvisations et séries de chorus sur le thème d 'I Got Rythm d'une telle intensité qu'elles saoulent le pauvre Chu et laissent pantois tous les musiciens présents tels Benny Carter et Billie Holiday.

Lester Young – Kansas City Seven EmArcy 66010

Lester Young & the Kansas City Five (Commodore FL30 014 1959)

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Lester Young - Kansas City six & five (Commodore Classics Teldec 1979)

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Count Basie 1937-1939 (Swagie S 1275)

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A suivre…


1939-1941

La discipline et l'activité intense du Basie Band ont raison de Lester Young, connu pour sa désinvolture, voire sa paresse. Il quitte l'orchestre le 13 Décembre 1939. D'autres raisons ont été invoquées dont la mort d'Herschel Evans, son rival mais aussi son voisin direct dans les rangs du Basie Band, ou la décision de ce dernier d'enregistrer un vendredi 13 sans l'avoir consulté... Lester était connu comme un grand superstitieux.




Lester Young - Lester leaps in  (Epic LG 3107)

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Lester Young – Let’s go to Prez (Epic LG 3168 )

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Il débute sa carrière de leader d'orchestre en jouant dans les boîtes de la 52éme rue de New York. Introverti et timide, « génial débauché », Lester devient accro à l'alcool et la marijuana.
Il retrouve son frère Lee en Californie en compagnie de Slim Gaillard et Slam Stewart avec lesquels il signe un engagement dans un club de Los Angeles en 1941.


1942-1944


Il enregistre avec Nat King Cole et Red Callender en 1942 puis il joue de nouveau avec le Basie Orchestra puis avec Dizzy Gillespie à l'Onyx Club en 1943


Lester Young-Lester Leaps Again : Original Recordings 1942-1944 (Naxos Jazz Legends) 8.120764

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Le disque qui recouvre toute la période



On peut également écouter :

Lester Young – Blue Lester (Savoy MG 12068 )

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Lester Young – Memorial (Savoy MG 12071)

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Il est enrôlé dans l'armée en Septembre 1944 : « le soldat Young est aussitôt pris en grippe par un adjudant qui lui interdit de jouer du saxophone. Blessé lors d'un entraînement, il doit subir une intervention chirurgicale, à la suite de quoi les autorités militaires le traînent en cour martiale pour détention de drogue ; emprisonné pendant une année dans les quartiers disciplinaires de l'armée, il tombera malade et sera finalement relâché 10 mois plus tard. Cette expérience brise Lester Young. De retour à la vie civile, le musicien se replie sur lui-même, créant un mur infranchissable entre lui et un monde qui l'a violemment agressé. » (Gerber. Lester Young)


A suivre…


1945

Il commence à enregistrer pour le label Aladdin entouré d'excellents musiciens : Vic Dickenson, Dodo Marmarosa, Freddie Green et Red Callender puis il retourne en Californie.

Ici, un 78 RPM d’époque pour Aladdin (Aladdin 1378 )

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1946-1948

Il rejoint la tournée de concerts "Jazz at the Philarmonic" (JATP) de Norman Granz et  participe au fameux concert de janvier 1946 avec Parker

Norman Granz JATP (voir Parker) Ici, un coffret de deux 78 RPM d’époque :

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Plus facile à trouver :  Parker & Young Historical Summit (Charlie Parker PLP 828 de 1962)

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Lester enregistre également en trio avec Nat King Cole et Buddy Rich

The Young-Rich trio (Norgran MGN 1074, ici une réédition sur Verve)

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Malgré son mauvais état de santé, il enregistre, toujours pour Aladdin, d'authentiques chefs d'œuvre avec entre autres : Howard Mc Ghee, Vic Dickenson, Willie Smith, Joey Albany, Chico Hamilton, Chuck Wayne...

Lester Young – The Aladdin sessions Blue Note (BN LA456)

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A suivre…


1950-1953

Lester Young poursuit inexorablement et de manière irréparable sa destruction physique et mentale. Sa sonorité certes s'affaiblit mais les enregistrements de cette époque conservent une certaine grandeur…


Lester Young - Lester Young Trio (Mercury MGC 104)

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Lester Young – The President (Norgran MGN 1005 réédité sur Verve MGV 8181)


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Lester Young – Lester's here (Norgran MGN 1071)

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Lester Young – Pres (Norgran MGN 1072 réédité sur Verve MGV 8162)

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Il enregistre avec Oscar Peterson à New York pour Norman Granz (4 août 1952)

Lester Young – with the Oscar Peterson trio (Norgran MG N5 et MG N6, ce sont des 10”)

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Avec Oscar Peterson (piano), Barney Kessel (guitare) et Ray Brown (bass) A avoir absolument pour la qualité et l'émotion...


Lester Young –Collates n° 2 (Clef MGC 124) Collates N° 1 est constitué des deux disques précédents

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Avec Hank Jones, John Lewis (piano), Ray Brown, Joe Shulman, Gene Ramey (bass), Buddy Rich, Bill Clark, Jo Jones (drums)


Il participe à une tournée en Europe avec le JATP.

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Lester Young – Lester young at JATP (Verve VSP)



1954

Lester Young- It don’t mean a thing (Norgran MGN 1033 réédité sur Verve MGN 8187)

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Enregistré en décembre 1954


A suivre...


1955

Après un malaise, il est hospitalisé à l'hôpital Bellevue de New York. Il en sort suffisamment rétabli pour jouer à nouveau.

Lester Young – Pres & Sweets (Norgran MGN 1043 réédité sur  Verve MGV 8134)

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L’original ici, avec Harry Edison, Oscar Peterson, Buddy Rich etc., a fait 285 $ en 2005. Une exception pour la cote de Lester et un disque agréable...


1956

Il enregistre avec Teddy Wilson et revient tourner en Europe aux côtés de Miles Davis, Bud Powell et le Modern Jazz quartet.

Lester Young-Pres and Teddy (Verve MGV 8205 )

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Celui là est indispensable pour la complicité des deux amis d'avant guerre...



Ces quatre enregistrements d’un concert de 1956 à Washington sortent sur le label Pablo de Norman Granz en 1962. Lester les avait cachés à ce dernier, trop heureux de les découvrir…

Lester Young – Pres in Washinton DC (Pablo 2008-219, 2008-225 et 2008-228. Manque 2008-230, désolé.)

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1957

Il joue avec le Basie Orchestra au Newport Festival.

Count Basie – At Newport ( Verve MGV 8283)

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Une dernière fois en Décembre 1957, pour une émission de la chaîne CBS, il retrouve Billie Holiday : le miracle se produira sur le thème de "Fine and Mellow".

Après l'échec de son troisième mariage, Lester vit maintenant avec une amie dans un petit hôtel de Broadway. Il se retire des heures durant dans sa chambre, assis avec une bouteille de Gin qui ne le quitte jamais, caressant les clés de son sax, portant ses lèvres à l'embouchure sans émettre aucun son, comme s'il était hypnotisé. Rien ne parvient plus à le sortir de sa torpeur ou lui redonner quelque dignité.

1958

Un médecin et un prêtre s'occupent de lui quelque temps et le maintiennent en vie.
Il enregistre encore avec Harry Edison et Oscar Peterson .

Lester Young – Going for myself (Verve MGV 8298 )

Lester Young – Laughing to keep from crying (Verve)

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1959

De Janvier à Mars, Lester est engagé à Paris au Blue Note de la rue d'Artois avec Kenny Clarke et enregistre une dernière fois avec René Urtreger au piano, Jimmy Gourley à la guitare et le batteur Kenny Clarke au studio Hoche le 4 mars pour son ultime album. Jamil Nasser remplace Pierre Michelot à la contrebasse. Emouvant, plus qu’émouvant même…

Sorti en (pouark) CD sur JAZZ IN PARIS 589 557-2

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Il rentre à New York ou il meurt subitement le 15 mars d'une crise cardiaque.



Lester ‘Pres’ Young ne laisse pas autant de disques que les jazzmen que nous avons vu précédemment mais il a en marqué plus d’un par son style, sa manière d’être, à la fois non-conformiste et maniérée (son sax incliné à 45 °, son chapeau « pork pie », sa façon de parler etc.) et sa dimension tragique (il passe ses derniers jours à quelques mètres du Birdland à boire du gin et écouter Sinatra).

Mais surtout il est le premier jazzman moderne : il anticipe le be bop de près de dix ans avec la flexibilité rythmique des solos enregistrés pour Basie et bien qu’il soit essentiellement un improvisateur, la sophistication qu’il y met (les notes suggérées plutôt que jouées, le son soyeux et le vibrato) va fournir le modèle du jazz cool de Lennie Tristano, puis de Miles Davis et enfin de Coltrane…

Il a été de bon ton pour la critique de dire que Pres n’était plus aussi bon après 1944. Ces braves gens ont non seulement menti sur ses prestations musicales mais ont également contribué à le pousser dans sa dépression et donc à lui pourrir la vie. Que Norman Granz soit donc remercié une fois de plus pour l’avoir fait enregistrer….
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